ANGLE DOMINANT
Buenos Aires décrypte dans les premiers pas d'Abelardo de la Espriella un miroir de son propre virage libéral, entre suppression de l'impôt sur le patrimoine, expropriation express et alliance affichée avec María Corina Machado.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Colombie : l'« expropiación exprés », mesure phare pour récupérer biens et fonds détournés, déjà envisagée sous Gustavo Petro et reprise par De la Espriella (Infobae).
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María Corina Machado, opposante vénézuélienne et Prix Nobel de la paix 2025, félicite De la Espriella et annonce que le Venezuela « suivra bientôt » (MercoPress).
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De la Espriella a remporté le second tour du 21 juin avec 250 830 voix d'écart sur Iván Cepeda (Pacto Histórico), investi à Cali, première inauguration présidentielle hors de Bogotá (MercoPress).
ANALYSE
Buenos Aires, 10 août 2026. La presse argentine scrute les premiers gestes d'Abelardo de la Espriella, avocat d'extrême droite investi président de la Colombie le 7 août lors d'une cérémonie inédite tenue à Cali plutôt qu'à Bogotá — une première dans l'histoire institutionnelle du pays. Infobae, largement lu en Argentine, détaille la mesure phare de son programme : l'« expropiación exprés », un mécanisme controversé déjà envisagé sous Gustavo Petro, que De la Espriella entend cette fois faire aboutir pour récupérer biens et fonds détournés par des réseaux criminels et des fonctionnaires corrompus. Le nouveau président vise directement la Jurisdicción Especial para la Paz, qu'il accuse d'avoir laissé les victimes sans protection tout en accordant des bénéfices aux ex-combattants des Farc : « Los únicos que han perseguido ahí son los miembros de la Fuerza Pública, porque a los bandidos criminales de lesa humanidad de la Farc no les ha pasado nada », a-t-il lancé, reprenant une critique déjà formulée pendant la campagne.
L'autre fil suivi depuis Buenos Aires est régional. MercoPress rapporte que María Corina Machado, opposante vénézuélienne et Prix Nobel de la paix 2025, a félicité De la Espriella et assuré que le Venezuela « suivra bientôt » une voie similaire de renforcement institutionnel et démocratique. Le président colombien lui a répondu deux jours plus tard sur le même réseau, évoquant des « peuples frères » unis par une histoire qu'aucune frontière ne sépare, et appelant à des institutions fortes, à la sécurité et à la prospérité communes. L'échange intervient alors que des pourparlers se poursuivent à Caracas entre le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodríguez et une partie de l'opposition vénézuélienne, menée par Jorge Rodríguez et Dinorah Figuera.
Pour l'Argentine, où le gouvernement de Javier Milei a lui aussi soutenu Machado et prône la réduction de l'appareil d'État, ce double mouvement — fermeté fiscale et rapprochement idéologique avec l'opposition vénézuélienne — résonne comme un cas d'école. MercoPress rappelle que De la Espriella avait emporté le second tour du 21 juin contre Iván Cepeda, du Pacto Histórico, avec 250 830 voix d'écart, et que Machado avait publiquement appuyé sa candidature durant la campagne.
