ANGLE DOMINANT
La France mesure le coût du basculement sécuritaire colombien, entre attentats meurtriers et abandon du dialogue engagé en 2016.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Samedi 8 août, des drones chargés d'explosifs ont visé un poste de police dans le Cesar, tuant un agent (RFI, Sud Ouest).
- 02
Près de Cali, un péage en construction a été détruit à l'explosif, blessant légèrement deux gardes de sécurité ; l'armée colombienne attribue l'attaque à une dissidence des Farc dirigée par Iván Mordisco (Sud Ouest).
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Le président a promis sur X qu'il n'y aurait « ni refuge, ni ménagement, ni impunité » pour les responsables, et a qualifié le dialogue avec les groupes armés d'option « complètement épuisée » (RFI, Sud Ouest).
ANALYSE
Paris, 10 août 2026. Deux jours après l'investiture d'Abelardo de la Espriella, avocat d'extrême droite soutenu par Donald Trump, la Colombie a essuyé deux attaques à l'explosif qui, selon RFI, ont marqué « le premier jour au pouvoir » du nouveau président. Samedi 8 août, dans le Cesar, des drones chargés d'explosifs ont visé un poste de police : un agent a été tué. La même nuit, près de Cali — où le président avait prêté serment la veille —, un péage en construction sur la route panaméricaine a été détruit à l'explosif ; deux gardes de sécurité ont été légèrement blessés. Sud Ouest précise que l'armée colombienne attribue cette attaque à une dissidence de l'ex-guérilla des Farc, active dans le Cauca et dirigée par Iván Mordisco, « le guérillero le plus recherché de Colombie » — des combattants qui avaient refusé de rejoindre l'accord de paix de 2016.
Sur X, le nouveau chef de l'État a promis qu'il n'y aurait « ni refuge, ni ménagement, ni impunité » pour les responsables, estimant qu'« attaquer les infrastructures du pays, c'est attaquer le progrès, la mobilité et la tranquillité de millions de Colombiens », selon les propos rapportés par RFI et Sud Ouest. Lors de son investiture, il avait déjà promis de combattre « sans répit le narcoterrorisme et toutes les organisations criminelles », jugeant l'option du dialogue avec les principaux groupes armés « complètement épuisée ».
Sud Ouest relève qu'il a promis d'intensifier, avec le soutien d'Israël et des États-Unis, les bombardements contre les guérillas et les narcotrafiquants, et de construire des mégaprisons inspirées du modèle salvadorien. RFI souligne que le pays entame ce mandat en pleine « pire vague de violence depuis une décennie », les commanditaires de l'attaque du Cesar n'ayant, à l'heure des premiers bilans, pas été identifiés.
Sud Ouest cite un pompier de Santander de Quilichao, Roberto Sandoval, qui confie que « nous sommes tous sous tension, assez tendus et nerveux ». Pour Paris, ce double attentat confirme surtout l'enterrement d'une méthode, la négociation, au profit d'une doctrine frontale adossée aux alliances sécuritaires américaine et israélienne.
