ANGLE DOMINANT
Canberra durcit le ton face aux géants du numérique : six mois après l'entrée en vigueur de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, l'Australie double les amendes à 99 millions de dollars australiens, jugeant les plateformes trop complaisantes.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les amendes maximales doublent de 49,5 à 99 millions AUD pour les plateformes en infraction avec la loi d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans
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Selon une recherche de l'Université de Newcastle publiée fin juin, jusqu'à 85 % des moins de 16 ans déclarent encore utiliser les réseaux sociaux malgré l'interdiction
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Plus de 5 millions de comptes ont été supprimés depuis l'entrée en vigueur de la loi le 10 décembre 2025, selon les chiffres gouvernementaux
ANALYSE
Canberra, 29 juin 2026. Six mois après l'entrée en vigueur de la législation la plus stricte du monde sur les réseaux sociaux pour les mineurs, le gouvernement Albanese a annoncé un doublement des amendes maximales, portées de 49,5 millions à 99 millions de dollars australiens, contre les plateformes ne respectant pas l'interdiction d'accès pour les moins de 16 ans. Le Premier ministre Anthony Albanese a déclaré que les géants technologiques « adoptent des astuces issues du grand livre du big tech et font le strict minimum ».
La loi, entrée en vigueur le 10 décembre 2025, impose aux plateformes — dont Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube — de prendre des mesures raisonnables pour empêcher les moins de 16 ans de créer ou de conserver des comptes. Le gouvernement se targue d'avoir fait supprimer plus de cinq millions de comptes appartenant à des mineurs depuis l'introduction de la loi. Mais les chiffres de terrain racontent une autre histoire.
Des recherches menées par l'Université de Newcastle publiées fin juin indiquent que jusqu'à 85 % des jeunes de moins de 16 ans déclarent encore utiliser les réseaux sociaux malgré l'interdiction. Une étude distincte révèle que la majorité des moins de 16 ans contournent aisément les restrictions de vérification d'âge imposées aux plateformes. Ces données fragilisent le récit victorieux du gouvernement sur l'efficacité de la loi.
Pour renforcer les mécanismes d'application, le gouvernement entend conférer à la commissaire à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, des pouvoirs élargis pour contraindre les entreprises à fournir des preuves de leurs efforts de conformité. Ces nouvelles prérogatives s'étendront aussi aux tiers, notamment aux prestataires de vérification d'âge et aux opérateurs d'app stores. La ministre des Communications, Anika Wells, a été explicite : les plateformes « adoptent des astuces du grand livre big tech et font le minimum syndical ».
Des experts se montrent plus nuancés. Catherine Page Jeffery, maître de conférences à l'Université de Sydney, estime qu'il « ne sert à rien de doubler la pénalité si le régulateur ne les applique pas ». Elle appelle à un passage en « mode coercitif » et plaide pour une législation de « devoir de soin numérique » qui, selon elle, constituerait une meilleure politique que l'exclusion pure et simple des jeunes des plateformes.
Le gouvernement Albanese prévoit de légiférer ces nouvelles pénalités avant la pause parlementaire hivernale. Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube font actuellement l'objet d'enquêtes pour non-conformité potentielle. L'Australie revendique un rôle de pionnière mondiale, et cette approche a déjà inspiré des politiques similaires à l'étranger.
SOURCES (4)
- ABC News AustraliaMOYEN
- The AgeMOYEN
- PerthNowMOYEN
- Guardian AustraliaMOYEN
