
Le Brésil applique en 2026 une réforme fiscale d'ampleur, votée à l'unanimité au Congrès. Elle exonère d'impôt sur le revenu les travailleurs gagnant jusqu'à 5 000 réaux par mois et instaure un impôt minimum sur les hauts revenus. Environ 15 millions de personnes sont concernées par l'exemption, présentée comme une avancée sociale.
La réforme intervient dans un contexte budgétaire tendu. Son coût est estimé à 31,2 milliards de réaux, alors que la dette publique devrait atteindre 95 % du PIB. Le taux directeur Selic reste à 12,25 % et l'inflation grimpe à 4,1 %. Ces données alimentent un débat sur la soutenabilité de la mesure.
Le contexte dépasse le cadre national. La réforme s'inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation de la progressivité fiscale, nourri par la hausse des inégalités après la pandémie et par les discussions internationales sur la taxation minimale des multinationales. À l'approche des élections de 2026, elle constitue aussi un signal adressé aux partenaires du Brésil sur la viabilité d'un modèle de développement alternatif.
Les désaccords portent surtout sur l'équilibre entre justice fiscale et discipline budgétaire. Certains acteurs saluent la progressivité de la mesure et y voient un modèle potentiellement transposable, tandis que d'autres, notamment des analystes de marché, jugent la trajectoire de la dette et de l'inflation préoccupante et s'interrogent sur le risque pour les investisseurs. Le caractère exportable du dispositif reste lui aussi contesté : certains l'estiment reproductible, d'autres y voient un cas spécifiquement brésilien. L'impact environnemental et le risque de fuite des capitaux figurent parmi les angles peu abordés.
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