ANGLE DOMINANT
Paris mesure une escalade sans off-ramp visible entre deux partenaires historiques, où Washington multiplie les menaces tarifaires face à un Ottawa devenu inflexible.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a annoncé sur Truth Social qu'à partir du 1er janvier 2027, « toutes les voitures, les camions, grands et petits, les pièces détachées automobiles et l'acier verront leurs taxes augmentées à 50 % ».
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Les surtaxes américaines déjà en vigueur touchent environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, soit 5,5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis, selon Sud Ouest.
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Le miel québécois, dont plus de la moitié des exportations partent vers les États-Unis, se retrouve taxé à 50 % au même titre que l'automobile, selon le reportage de RFI à Montréal.
ANALYSE
Paris, 25 août 2026. La presse française suit avec attention l'escalade du différend commercial nord-américain vers une guerre tarifaire ouverte. Selon les récits de Sud Ouest, BFMTV, Le Monde et RFI, l'échec des négociations vendredi entre Washington et Ottawa a précipité une spirale inédite depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Le président américain a annoncé lundi, sur son réseau Truth Social, qu'à partir du 1er janvier 2027 « toutes les voitures, les camions, grands et petits, les pièces détachées automobiles et l'acier verront leurs taxes augmentées à 50 % ». Il a justifié cette menace en accusant le Canada de « dépouiller les États-Unis d'Amérique depuis des années », rejetant l'accord que Mark Carney avait qualifié de « mauvais accord » et refusé de signer vendredi malgré des semaines de négociations.
Le premier ministre canadien a choisi un registre martial pour qualifier la situation. « Quand vous êtes attaqué, c'est que vous êtes en guerre. Nous avons été attaqués », a-t-il déclaré samedi, en réaction à l'entrée en vigueur de surtaxes américaines de 50 % touchant environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, soit 5,5 % des exportations vers les États-Unis. Ottawa a répliqué par des mesures de rétorsion « au dollar près », visant à compter du 8 septembre l'acier, les produits laitiers, l'électroménager et l'équipement agricole américains.
Le contentieux dépasse la seule sphère économique : Ottawa reproche à Washington de s'en prendre, via certaines de ses revendications, au statut de la langue française, sujet politiquement sensible dans ce pays officiellement bilingue.
Sur le terrain, les médias français documentent déjà des dommages inattendus. RFI, via sa correspondante à Montréal, rapporte le cas des apiculteurs québécois, dont le miel s'est retrouvé taxé à 50 % au même titre que l'automobile. « Je ne peux même pas m'imaginer la logique de ça », s'interroge Robert Sévigny, qui dirige l'une des plus grandes entreprises apicoles du Québec, évoquant un secteur qui écoule plus de la moitié de ses exportations aux États-Unis et a déjà licencié.
Côté américain, la fermeté reste de mise : le ministre des Transports Sean Duffy a jugé sur Fox News que le Canada serait « bête » de croire pouvoir gagner cette confrontation, prédisant des conséquences « dévastatrices » pour l'économie canadienne si Ottawa ne revenait pas à la table des négociations.
