Le réalisateur roumain Cristian Mungiu a remporté la Palme d'or de la 79e édition du Festival de Cannes pour « Fjord ». Avec ce prix, il devient le dixième cinéaste de l'histoire du festival à l'obtenir deux fois, dix-neuf ans après « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » couronné en 2007. Le film suit une famille roumano-norvégienne confrontée aux services sociaux norvégiens après la découverte de blessures sur un enfant, et explore la frontière entre tolérance et fondamentalisme.
Dans son discours, Mungiu a décrit les sociétés contemporaines comme « fracturées et radicalisées » et présenté le film comme un engagement contre toute forme de fondamentalisme. Le palmarès 2026 a été dominé par les cinémas non anglophones, aucun lauréat américain ne figurant en compétition principale. Le Grand Prix du jury est revenu au réalisateur russe en exil Andreï Zviaguintsev pour « Minotaur » ; depuis la scène, celui-ci a interpellé Vladimir Poutine en appelant à la fin des massacres.
La cérémonie s'est tenue sur fond de plusieurs conflits armés actifs, dont la guerre en Ukraine, qui a pesé sur l'atmosphère de la clôture. La présence d'un cinéaste dissident illustre la fonction de tribune internationale que conserve le festival, tandis que la prééminence des cinématographies d'Europe centrale et orientale traduit leur affirmation croissante dans les grands rendez-vous mondiaux.
Plusieurs lectures coexistent. Certains acteurs interprètent d'abord le palmarès à travers leurs distinctions nationales, quand d'autres y voient une consécration collective du cinéma d'auteur européen. La portée exacte de la moisson de « Fjord » fait également débat : un décompte avance cinq récompenses au-delà de la Palme, là où d'autres ne retiennent que le prix principal. Restent discutés l'effet d'une éligibilité automatique aux Oscars 2027 et la place, dans le récit de la cérémonie, des tensions autour de la liberté de création évoquées en France.