Le 22 mai 2026, le Premier ministre canadien Mark Carney a qualifié l'Alberta de province « essentielle » à l'économie du pays, en réaction à l'annonce d'un référendum dans cette province pétrolière. Le scrutin, fixé au 19 octobre 2026, sera non contraignant : la question ne porte pas sur une sécession directe, mais sur l'opportunité d'engager un processus légal pouvant mener, plus tard, à un vote contraignant sur la séparation.
Le contexte est marqué par des griefs anciens. Depuis des décennies, une partie de l'Alberta dénonce la répartition des revenus pétroliers et des politiques climatiques fédérales jugées défavorables à l'Ouest, nourrissant un sentiment d'éloignement. La crise survient aussi dans un climat de tensions commerciales avec l'administration Trump, qui pèse sur la position d'Ottawa. Carney tente de consolider l'unité nationale, comme l'illustrent un récent accord avec Edmonton sur un pipeline vers la côte Pacifique et l'abandon partiel de mesures climatiques antérieures.
Plusieurs garde-fous encadrent le processus. La Loi sur la clarté de 2000 exige une majorité « claire » sur une question « claire » et des négociations multilatérales avant toute sécession, rendant une indépendance rapide très improbable. Une première pétition de plus de 300 000 signatures a par ailleurs été invalidée par un tribunal albertain pour défaut de consultation des peuples autochtones.
Plusieurs points restent disputés ou incertains. La première ministre provinciale Danielle Smith dit s'opposer personnellement à la séparation, mais a convoqué le référendum tout en refusant de se plier à la décision judiciaire. Une contre-pétition favorable au maintien a recueilli plus de 400 000 signatures, dépassant le texte séparatiste. La place réelle des droits autochtones, déclencheur juridique majeur, demeure peu développée.