ANGLE DOMINANT
Égypte dénonce une escalade coloniale organisée en Cisjordanie occupée, où les incursions de colons autour d'Al-Aqsa et les raids nocturnes confirment, selon Le Caire, une stratégie de fragmentation territoriale menaçant la solution à deux États.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Huit pays dont l'Égypte, la Jordanie et l'Arabie saoudite ont condamné le 23 juillet les incursions de colons menées par des ministres israéliens sur l'esplanade d'Al-Aqsa, jugées contraires au droit international.
- 02
Près de 40 personnes ont été arrêtées dans un seul village de Cisjordanie lors des raids israéliens, tandis qu'un nouvel avant-poste de colons a été établi au nord de Naplouse.
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Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty a appelé, lors d'un entretien à Manille avec son homologue néerlandais, à mettre fin aux violations israéliennes en Cisjordanie.
ANALYSE
Le Caire, 27 juillet 2026. La diplomatie égyptienne hausse le ton face à l'escalade de violence en Cisjordanie occupée. Après une vague d'attaques menées par des colons israéliens contre plusieurs villages palestiniens, l'Égypte, aux côtés de sept autres pays arabes et musulmans, a condamné dès le 23 juillet « l'escalade israélienne » autour de l'esplanade de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée, dénonçant des incursions massives de colons conduites par des ministres israéliens. Dans une déclaration commune avec la Jordanie, les Émirats arabes unis, l'Indonésie, le Pakistan, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar, Le Caire a qualifié ces actes de « violations du droit international », pointant le hissage du drapeau israélien à l'intérieur du site et l'installation de deux tentes de police, jugées contraires au statu quo historique du lieu saint.
Les huit signataires réaffirment qu'Israël, puissance occupante, « n'a aucune souveraineté » sur Jérusalem occupée ni sur ses lieux saints islamiques et chrétiens, et réitèrent leur reconnaissance de la tutelle hachémite jordanienne. Ils mettent en garde contre le risque que ces incursions répétées et les discours incendiaires alimentent l'extrémisme et sapent les efforts vers une solution à deux États.
Sur le terrain, la presse égyptienne rapporte une multiplication des raids et arrestations israéliens — près de 40 personnes interpellées dans un seul village — ainsi que l'implantation d'un nouvel avant-poste de colons au nord de Naplouse, dénoncée par l'organisation Al-Baidar comme un outil de fragmentation des terres palestiniennes. Des colons ont attaqué les abords de la localité de Jaba et plusieurs habitations, avant d'être repoussés par les habitants ; d'autres exactions ont visé des terres agricoles dans le gouvernorat de Naplouse, sous protection des forces d'occupation. Ces violences surviennent alors qu'une frappe israélienne a tué à Gaza le chef de la police du nord de l'enclave, le général Abdel Nasser Al-Maqadma.
Sur le plan diplomatique, le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty a évoqué ce dossier lors d'un entretien à Manille avec son homologue néerlandais Tom Berendsen, appelant à mettre fin « aux violations israéliennes en Cisjordanie » pour contenir l'escalade et restaurer la sécurité régionale. Le Caire lie explicitement ce dossier à l'application du premier volet du plan américain pour Gaza et à l'acheminement sans entrave de l'aide humanitaire, signe d'une diplomatie qui refuse de dissocier la crise cisjordanienne du dossier gazaoui plus large.
