ANGLE DOMINANT
Lisbonne mesure l'ampleur de la fracture politique en Allemagne : un congrès de l'AfD tenu malgré des dizaines de milliers de manifestants et des affrontements avec la police.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Entre 20 000 et 31 000 manifestants selon la police locale (SAPO Notícias), ou 25 000 selon l'Observador, ont tenté de bloquer le congrès à Erfurt sans y parvenir
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Alice Weidel et Tino Chrupalla ont été réélus coprésidents de l'AfD sans opposition interne lors du congrès, qui réunissait quelque 600 délégués
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La police de Thuringe avait prévu jusqu'à 2 500 militants d'extrême gauche disposés à la violence ; elle a utilisé gaz poivre et matraques sans procéder à des arrestations
ANALYSE
Lisbonne, 5 juillet 2026. Le congrès fédéral de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) s'est tenu à Erfurt, capitale de la Thuringe, malgré une mobilisation populaire d'ampleur inédite. Entre 20 000 et 31 000 personnes — selon les chiffres de la police locale rapportés par SAPO Notícias — ont convergé vers la ville pour tenter de bloquer l'accès au site de la foire d'Erfurt, où se réunissaient quelque 600 délégués du parti d'extrême droite. L'Observador avance de son côté le chiffre de 25 000 manifestants.
Les protestataires, rassemblés à l'appel de la plateforme "Widersetzen" — terme allemand signifiant "Désobéir" —, des syndicats, du parti Die Linke, des Verts et de nombreux autres groupes civiques, ont recouru à diverses tactiques : coupure de routes et d'autoroutes, tentatives de blocage des voies de tramways, avec huit activistes collés aux rails pour entraver la circulation. En réponse, la police a eu recours à des matraques et à du gaz poivre pour disperser les manifestants. Malgré l'intensité des heurts, aucune arrestation n'avait été signalée dans les premières heures du rassemblement, précise l'Observador.
Contrairement au congrès de l'AfD tenu en 2024 à Essen, dans l'ouest de l'Allemagne, qui avait été retardé par les manifestations, les délégués sont cette fois "parvenus au site sans grandes difficultés", selon la police de Thuringe citée par l'Observador. L'anticipation a joué un rôle clé : de nombreux délégués avaient choisi d'arriver au site plusieurs heures avant l'ouverture officielle, fixée à 10h00 (9h00 à Lisbonne), afin de contourner les barrages humains convoqués dès 5h30 du matin.
Sur le plan interne, l'AfD a confirmé sa cohésion : Alice Weidel et Tino Chrupalla ont été réélus à la coprésidence sans la moindre opposition. SAPO Notícias souligne que le parti, qui mène les sondages électoraux en Allemagne, conduit un congrès "symbolique" reflétant l'ensemble de sa trajectoire depuis sa fondation, dans un contexte de progression continue.
En amont de l'événement, la police de Thuringe avait averti en interne de la possible mobilisation de 35 000 à 50 000 manifestants, ainsi que de la présence potentielle d'environ 2 500 militants d'extrême gauche disposés à recourir à la violence, ce qui avait justifié un déploiement sécuritaire massif. La convergence de syndicats, de formations politiques de gauche et de mouvements civiques autour de ce congrès illustre l'étendue de l'inquiétude que suscite la progression de l'AfD dans la société allemande.
