ANGLE DOMINANT
Moscou relaie sobrement les tirs nord-coréens du 12 octobre à partir des seules sources sud-coréennes et japonaises, en les inscrivant dans la série d'essais ouverte le 3 octobre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Selon l'état-major sud-coréen relayé par TASS, plusieurs missiles balistiques ont été tirés vers 9 h 20 près de Pyongyang et ont parcouru environ 900 km.
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Selon le ministère japonais de la Défense cité par Vedomosti, deux missiles ont été lancés vers 9 h 20 et 9 h 40, tombés hors de la zone économique exclusive du Japon, sans dommage connu.
- 03
Le dernier tir nord-coréen précédent date du 3 octobre : un missile stratégique de moyenne portée tiré depuis la région de Wonsan, en présence de Kim Jong-un selon l'agence KCNA.
ANALYSE
Moscou, 12 octobre 2026. Les agences et journaux russes traitent les tirs nord-coréens du lundi 12 octobre comme une dépêche de veille, en s'appuyant exclusivement sur des sources étrangères. TASS, depuis Séoul, indique que l'armée sud-coréenne « affirme » que la RPDC a tiré plusieurs missiles balistiques en direction de la mer du Japon, citant l'agence News1 qui elle-même relaie l'état-major interarmées sud-coréen. Les engins ont été lancés vers 9 h 20 heure locale (0 h 20 GMT) depuis une zone proche de Pyongyang et ont parcouru environ 900 km. L'armée sud-coréenne, précise la dépêche, reste en alerte face à d'éventuels tirs supplémentaires et échange des informations avec les États-Unis et le Japon.
Une seconde dépêche de TASS, datée de Tokyo, rapporte les propos des garde-côtes japonais : la RPDC aurait tiré ce qui pourrait être deux missiles balistiques. Le premier projectile a volé environ deux minutes avant de retomber, tandis que la retombée du second a été signalée huit minutes après le lancement. Citant la télévision NHK, l'agence ajoute que le premier missile est tombé hors de la zone économique exclusive du Japon. Le choix du verbe « claims » dans le titre anglais de TASS, comme celui de « claimed » côté sud-coréen, marque une distance d'attribution : l'agence rapporte ce que disent Tokyo et Séoul sans le confirmer par une source propre.
Le quotidien Vedomosti reprend le même schéma. Il cite TV Asahi, elle-même appuyée sur le ministère japonais de la Défense : deux missiles lancés vers 9 h 20 et 9 h 40 (3 h 20 et 3 h 40 à Moscou), tombés vraisemblablement hors de la zone économique exclusive japonaise, sans information sur d'éventuels dommages. Le journal convertit les horaires en heure de Moscou, signe d'un traitement destiné au lecteur russe plus qu'à une analyse de fond.
Les deux médias rappellent la séquence précédente : le dernier tir balistique remonte au 3 octobre. TASS le situe vers la mer du Japon depuis la région de Wonsan ; Vedomosti précise que l'agence nord-coréenne KCNA parlait d'un exercice de lancement d'arme stratégique, avec un missile stratégique de moyenne portée, et que Kim Jong-un y avait assisté en personne.
Aucune des trois dépêches ne comporte de commentaire du ministère russe des Affaires étrangères ni du Kremlin, ni d'évaluation du caractère hypersonique des engins, ni de mention des tensions intercoréennes ou des mines de la zone démilitarisée. La couverture reste centrée sur le fait militaire brut : nombre de missiles, horaires, distance, lieu de retombée.
