ANGLE DOMINANT
Mexico célèbre la victoire d'El Tri mais Sheinbaum snobe une ouverture jugée trop chère pour son peuple
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
El Tri bat l'Afrique du Sud 2-0 et brise la malédiction du match inaugural
- 02
La journée laisse 19 détenus et 11 policiers blessés ; Amnesty condamne la répression
- 03
Sheinbaum boude l'ouverture, billets à 3 000 dollars « impensables », et offre sa place à une athlète nahua
ANALYSE
Mexico vit l'ouverture dans une tension entre fierté populaire et colère sociale que la présidente Claudia Sheinbaum a choisi de ne pas affronter de front. Sur le terrain, El Tri a brisé la malédiction du match inaugural en battant l'Afrique du Sud 2-0 à l'Azteca rénové grâce à Julián Quiñones, premier buteur du tournoi, et Raúl Jiménez, devant 80 000 spectateurs. Mais hors du stade, la fête a viré à l'affrontement : la journée inaugurale a laissé « 19 détenus et 11 policiers blessés » selon la Sécurité citoyenne, une marche antimondialiste partie de l'université nationale (UNAM) réunissant enseignants de la CNTE, transporteurs et mères de disparus sous le slogan « s'il n'y a pas de solution, le ballon ne roulera pas ». Amnesty International a condamné l'usage d'extincteurs par la police pour disperser les manifestants. Le geste politique de Sheinbaum est scruté : elle a snobé l'ouverture, expliquant que « les billets sont très chers » — environ 3 000 dollars, « impensables pour la majorité des Mexicains qui gagnent à peine ça en un mois » — et offert sa place à Yolett Cervantes, athlète nahua du Veracruz gagnante d'un concours national. « Nous n'avons pas besoin de nous frotter aux sommets », a-t-elle lancé. La présidente a aussi tenu à préciser que Salma Hayek, présente à la cérémonie, y était « invitée par la FIFA » et non comme représentante du gouvernement. Pour Mexico, le Mondial est un orgueil national doublé d'un révélateur des fractures — coût de la vie, disparitions, répression — que la fête ne masque pas.
SOURCES (4)
- El FinancieroMOYEN
- El Siglo de TorreónMOYEN
