ANGLE DOMINANT
Paris cadre la crise cubano-américaine comme une escalade délibérée pilotée par Washington, et insiste sur la dimension humanitaire d'un blocus pétrolier qui étouffe l'île depuis janvier.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Cuba aurait acquis plus de 300 drones militaires fournis par la Russie et l'Iran, selon des renseignements classifiés américains cités par Axios
- 02
Le Trésor américain a sanctionné la principale agence de renseignement cubaine et dix hauts responsables, dont trois ministres et quatre généraux
- 03
Le blocus pétrolier américain en vigueur depuis janvier 2026 a provoqué une pénurie de carburant officiellement reconnue par le gouvernement cubain et des coupures de courant généralisées
ANALYSE
Paris, 19 mai 2026. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a prévenu lundi que toute attaque américaine contre l'île « provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables ». Cette mise en garde, relayée sans ambiguïté par France 24 dès le 18 mai, intervient dans un contexte que la chaîne franco-internationale décrit comme une escalade construite pas à pas par Washington.
La journée du 18 mai a réuni deux dynamiques simultanées : d'un côté, le site américain Axios révélait, en s'appuyant sur des renseignements classifiés américains, que La Havane aurait acquis plus de 300 drones militaires fournis par la Russie et l'Iran, et envisagerait de les déployer à proximité de la base de Guantanamo, voire en direction de navires militaires américains ou de la Floride. De l'autre, le Trésor américain annonçait des sanctions ciblant la principale agence de renseignement cubaine ainsi qu'une dizaine de hauts responsables — trois ministres (Justice, Énergie, Communications), quatre généraux dont le chef du contre-espionnage militaire José Miguel Gomez del Vallin, le président de l'Assemblée nationale Esteban Lazo et plusieurs cadres du Parti communiste.
France 24 rapporte que le secrétaire d'État Marco Rubio a averti que d'autres sanctions suivraient « prochainement ». Ce cycle s'inscrit dans une pression américaine qui s'intensifie depuis janvier : blocus pétrolier total, autorisation d'un seul pétrolier russe, menaces de tarifs douaniers contre tout pays tiers qui tenterait d'approvisionner l'île. Le résultat, documenté par France 24, est une « catastrophe humanitaire » marquée par des coupures de courant de plus en plus longues et une pénurie de carburant que le gouvernement cubain a officiellement reconnue.
Diaz-Canel a affirmé sur X que Cuba « ne représente pas une menace et n'a ni plans ni intentions agressives » envers d'autres nations, tout en revendiquant « le droit absolu et légitime de se défendre face à une offensive militaire ». Il n'a pas confirmé ni infirmé la détention de drones. L'ambassadeur cubain à l'ONU, Ernesto Soberon Guzman, a quant à lui accusé Washington de « fabriquer un prétexte » pour justifier une éventuelle intervention, rappelant à l'AFP que l'échec de l'invasion de la Baie des Cochons en 1961 témoigne d'une « volonté du peuple cubain qui n'a pas changé ».
La couverture française positionne clairement Cuba en position défensive.
