ANGLE DOMINANT
Doha mesure dans ce cap des 40 000 milliards de dollars un indicateur structurel des finances publiques américaines, une dette qui a doublé indépendamment de la couleur politique de la Maison Blanche.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La dette publique américaine a atteint 40 047 milliards de dollars mardi, dont 32 266 milliards détenus par le public et 7 782 milliards de dette intra-gouvernementale (Gulf Times).
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La dette a doublé depuis janvier 2017, passant de 19 950 milliards à plus de 40 000 milliards de dollars, environ un tiers de la hausse provenant de la réponse à la pandémie de Covid-19.
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Depuis janvier 2025, la dette a progressé de 3 800 milliards de dollars sous Trump (11 600 milliards cumulés sur ses deux mandats), contre 8 400 milliards sous Joe Biden.
ANALYSE
Doha, 20 août 2026. La dette publique américaine a franchi mercredi le seuil symbolique des 40 000 milliards de dollars, selon les données du département du Trésor, un cap qui alimente les mises en garde sur une crise budgétaire imminente aux États-Unis. Le total de la dette publique s'établissait à 40 047 milliards de dollars mardi, dont 32 266 milliards détenus par le public et 7 782 milliards de dette intra-gouvernementale, précise le Trésor américain, cité par Gulf Times.
Le chiffre marque un doublement en moins d'une décennie : la dette s'élevait à 19 950 milliards de dollars en janvier 2017, lors de la première investiture de Donald Trump. Environ un tiers de cette hausse est attribué aux deux années de dépenses massives engagées pour répondre à la pandémie de Covid-19, sous les administrations Trump puis Biden. Depuis janvier 2025, la dette a encore progressé de 3 800 milliards de dollars, portant à 11 600 milliards l'augmentation cumulée sur les deux mandats de Trump. Sous Joe Biden, elle avait crû de 8 400 milliards, portée par les dépenses de relance post-pandémie, les infrastructures et les subventions à l'énergie propre, selon Al Jazeera.
Pour Margaret Spellings, présidente du think tank centriste Bipartisan Policy Center, citée par Al Jazeera, « nos programmes fédéraux dépensent bien plus que ce que le gouvernement perçoit, et les postes les plus lourds du budget fédéral tournent en pilote automatique ». Les organisations de surveillance budgétaire anticipaient depuis plusieurs semaines le franchissement de ce cap, alertant sur le risque d'une crise de la dette si les élus ne réformaient pas la trajectoire des dépenses, rapporte Gulf Times.
Al Jazeera souligne par ailleurs que la hausse du coût des programmes de filet social et des paiements d'intérêts dépasse désormais largement des recettes déjà réduites par les baisses d'impôts successives, creusant mécaniquement l'écart entre dépenses et rentrées fiscales.
À Doha, cette trajectoire budgétaire bipartisane — la dette a doublé sous des administrations républicaine et démocrate successives — est lue comme un indicateur structurel plus que conjoncturel du fonctionnement des finances publiques américaines. Le franchissement du cap des 40 000 milliards interroge la capacité de Washington à infléchir durablement sa trajectoire fiscale sans toucher aux grands postes de dépense automatiques que sont les programmes sociaux et le service de la dette.
