ANGLE DOMINANT
Pékin observe avec préoccupation l'attaque contre la centrale nucléaire de Barakah, soulignant les risques de déstabilisation régionale dans le Golfe et ses conséquences directes sur les routes énergétiques mondiales.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La centrale de Barakah, d'une valeur de 20 milliards de dollars, couvre jusqu'à un quart des besoins énergétiques des Émirats et est la première installation nucléaire civile de la péninsule Arabique
- 02
L'Iran contrôle le détroit d'Ormuz, par lequel transitait un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz avant le conflit
- 03
L'autorité nucléaire émiratie confirme l'absence de rejet radiologique et indique que «tous les réacteurs fonctionnent normalement»
ANALYSE
Pékin, 18 mai 2026. L'attaque par drone contre la centrale nucléaire de Barakah, dans l'émirat d'Abu Dhabi, place le Golfe Persique au centre des préoccupations internationales. Selon le South China Morning Post, l'incident, survenu dimanche, a provoqué l'incendie d'un générateur électrique en périphérie du site sans provoquer de rejet radiologique ni de blessés, selon les autorités émiraties.
La centrale de Barakah représente un investissement de 20 milliards de dollars, construit avec l'assistance de la Corée du Sud. Première et unique installation nucléaire civile de la péninsule Arabique, elle couvre jusqu'à un quart des besoins énergétiques des Émirats arabes unis. L'Autorité fédérale de réglementation nucléaire émiratie a indiqué que «tous les réacteurs fonctionnent normalement», minimisant l'impact opérationnel de la frappe.
Aucune organisation n'a revendiqué l'attaque. Néanmoins, les soupçons se sont immédiatement portés sur l'Iran, dont les tensions avec Abu Dhabi se sont intensifiées depuis que les Émirats ont accepté d'accueillir des systèmes de défense antimissile israéliens Iron Dome ainsi que des troupes pendant la guerre. Téhéran maintient par ailleurs son contrôle sur le détroit d'Ormuz, artère vitale par laquelle transitait, avant le conflit, un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel.
Cette dimension énergétique retient l'attention des observateurs liés à la Chine, premier importateur mondial d'hydrocarbures du Golfe. Toute perturbation durable du détroit d'Ormuz ou une escalade impliquant des infrastructures nucléaires civiles aurait des répercussions directes sur les chaînes d'approvisionnement asiatiques. Les États-Unis maintiennent de leur côté un blocus des ports iraniens, tandis que les négociations visant à consolider le cessez-le-feu piétinent.
Le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité d'une reprise des hostilités. Parallèlement, les échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah au Liban connaissent une recrudescence, fragilisant un second cessez-le-feu dans la région. L'AIEA, l'agence onusienne de surveillance nucléaire basée à Vienne, n'avait pas encore répondu aux demandes de commentaires au moment de la publication.
L'accord «123» liant les Émirats aux États-Unis sur l'usage civil du nucléaire impose à Abu Dhabi de renoncer à l'enrichissement d'uranium et au retraitement du combustible usé. Cette architecture juridique, pensée pour prévenir toute dérive vers une capacité militaire, est désormais confrontée à un contexte sécuritaire profondément dégradé dans lequel la neutralité des infrastructures civiles ne semble plus garantie.
SOURCES (1)
source unique
