Le 17 mai 2026, un drone a frappé un générateur électrique situé à l'extérieur du périmètre intérieur de la centrale nucléaire de Barakah, dans la région d'Al Dhafra, à Abu Dhabi. Deux autres appareils ont été interceptés par la défense aérienne émiratie. L'incident n'a fait aucune victime et n'a entraîné aucun rejet radiologique. L'Autorité fédérale de réglementation nucléaire des Émirats a confirmé que tous les réacteurs continuaient de fonctionner normalement.
Barakah est la première centrale nucléaire civile du monde arabe. Construite par un consortium sud-coréen mené par KEPCO pour un coût de 20 milliards de dollars, elle couvre jusqu'à 25 % des besoins en électricité du pays. Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique a fait part d'une préoccupation grave, estimant que toute activité militaire menaçant la sûreté nucléaire est inacceptable.
La frappe survient 79 jours après le déclenchement, le 28 février 2026, d'un conflit ouvert entre les États-Unis, Israël et l'Iran, et cinq semaines après un cessez-le-feu conclu le 8 avril. Cet accord reste précaire : des frappes sporadiques contre des infrastructures émiraties se poursuivent et les négociations entre Washington et Téhéran butent sur le programme nucléaire iranien, le contrôle du détroit d'Ormuz et la levée du blocus. Le ciblage d'un site nucléaire civil s'inscrit dans un schéma plus large de brouillage des normes de protection de ces installations.
Plusieurs points restent disputés. Aucune organisation n'a revendiqué l'attaque et les autorités émiraties n'ont formellement attribué aucune responsabilité ; certains acteurs pointent implicitement l'Iran ou ses alliés régionaux, quand d'autres s'en tiennent strictement aux faits. Les analyses divergent aussi sur le prisme dominant — escalade sécuritaire régionale pour les uns, conséquences sur les routes d'approvisionnement en hydrocarbures et la stabilité d'Ormuz pour les autres — et sur le niveau d'alarme nucléaire, certains rapportant la bascule d'un réacteur sur générateurs de secours.