Le 17 mai 2026, l'OMS a déclaré l'épidémie d'Ebola qui frappe l'est de la République Démocratique du Congo urgence de santé publique de portée internationale, son niveau d'alerte le plus élevé. La souche en cause, dite Bundibugyo, ne dispose d'aucun vaccin ni traitement approuvés, ce qui distingue cette flambée des épidémies précédentes couvertes par le vaccin anti-Zaire. Le bilan officiel fait état de 139 à 159 décès suspects et de près de 600 à 670 cas, l'OMS estimant que le nombre réel est très probablement supérieur.
Dans la province de l'Ituri, épicentre de la flambée, le centre de traitement de Rwampara a été incendié par des jeunes empêchés de récupérer le corps d'un proche décédé. L'incident met en lumière la tension entre les protocoles d'inhumation sécurisée et les pratiques funéraires locales, sur fond de défiance ancienne envers les dispositifs sanitaires extérieurs. Deux cas confirmés en Ouganda ont par ailleurs signalé un franchissement de frontière et un risque régional jugé élevé.
La crise s'inscrit dans un contexte de fragilité accumulée. L'Ituri et le Sud-Kivu, désormais touché, sont engagés depuis des années dans des conflits armés impliquant de nombreux groupes, dont l'Alliance Fleuve Congo-M23, ce qui entrave l'accès des équipes et le traçage des cas. La déclaration d'urgence a aussi eu des effets diplomatiques, dont le report du quatrième sommet Inde-Afrique prévu à New Delhi.
Plusieurs points restent disputés. Certains acteurs lient directement la réduction de l'aide étrangère américaine — passée de 1,4 milliard de dollars en 2024 à moins de 21 millions en 2026 — au retard de détection, quand d'autres traitent l'épidémie sans mettre en cause les bailleurs. Les estimations du bilan divergent également, certains insistant sur une sous-estimation structurelle que d'autres ne relèvent pas.