ANGLE DOMINANT
Pretoria mesure combien la guerre dans l'est congolais fragmente la riposte anti-Ebola, entre vaccination internationale et restrictions imposées par les rebelles du M23.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'OMS a alloué 70 000 doses du vaccin Ervebo à la RDC, dont 20 000 réservées à un essai clinique contre la souche Bundibugyo, non couverte par l'homologation actuelle du vaccin.
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Le bilan dépasse 5 000 cas confirmés et 2 378 morts, faisant de cette 17e épidémie la plus meurtrière de l'histoire de la RDC, devant celle de 2018-2020.
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Les rebelles de l'AFC/M23 ont suspendu pour un mois les taxis entre Goma et Kirumba et les pirogues sur le lac Édouard, après deux cas positifs détectés dans un village sous leur contrôle.
ANALYSE
Pretoria, 21 août 2026. En Afrique du Sud, la presse observe avec inquiétude la façon dont la fracture politique en République démocratique du Congo complique la lutte contre la pire épidémie d'Ebola jamais enregistrée dans le pays. L'Organisation mondiale de la santé a annoncé l'allocation de 70 000 doses du vaccin Ervebo, produit par Merck, dont 20 000 seront réservées à un essai clinique de phase avancée destiné à évaluer son efficacité contre la souche Bundibugyo — celle responsable de l'épidémie actuelle. L'OMS le rappelle sans détour : « on ignore si Ervebo peut protéger contre le virus Bundibugyo chez l'humain », le vaccin n'étant homologué que contre la souche Zaïre, plus courante.
Le bilan dépasse désormais 5 000 cas confirmés et 2 378 morts, un total qui a fait de cette 17e épidémie d'Ebola congolaise la plus meurtrière de l'histoire du pays, devant celle de 2018-2020. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a maintenu l'urgence de santé publique de portée internationale, plus haut niveau d'alerte pour une maladie infectieuse.
Mais c'est la fragmentation du terrain qui retient l'attention sud-africaine : dans l'est du pays, les rebelles de l'AFC/M23, qui contrôlent de larges pans du Nord et du Sud-Kivu depuis leur offensive de 2025, mènent leur propre riposte, séparée des autorités de Kinshasa. Ils avaient déclaré leurs zones « Ebola-free » fin juin ; ils viennent pourtant d'imposer de nouvelles restrictions de circulation — suspension pour un mois des taxis collectifs entre Goma et Kirumba et des pirogues sur certaines liaisons du lac Édouard — après que deux voyageurs en provenance de Lubero, ville tenue par le gouvernement, ont été testés positifs dans un village sous contrôle rebelle.
Pour l'Afrique du Sud, habituée à surveiller les foyers épidémiques du continent, ce cloisonnement du dispositif sanitaire entre deux autorités rivales — l'une soutenue selon Kinshasa et les Occidentaux par le Rwanda, ce que Kigali dément — illustre le risque qu'une épidémie déjà qualifiée de plus rapide jamais enregistrée échappe à toute coordination unifiée, avec des conséquences pour l'ensemble de la région des Grands Lacs.
