ANGLE DOMINANT
Paris mesure l'ampleur inédite d'une épidémie qui frappe d'abord les femmes congolaises, malgré l'allocation de 70 000 doses de vaccin par l'OMS.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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70 000 doses d'Ervebo allouées par l'OMS : 20 000 pour un essai clinique de phase 3 contre la souche Bundibugyo, 50 000 pour les soignants de première ligne
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L'épidémie, 17e recensée en RDC, a fait 2 420 morts sur 5 105 cas confirmés selon l'OMS, la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays
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Les femmes sont surreprésentées parmi les malades, du fait des soins à domicile et des rites funéraires, selon l'ONU Femmes
ANALYSE
Paris, 21 août 2026. La presse française couvre la 17e épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo à travers un double prisme : la mobilisation vaccinale internationale et la réalité de terrain qui frappe d'abord les femmes. Le Monde et Sud Ouest rapportent l'annonce de l'OMS, jeudi 20 août, d'une allocation de 70 000 doses du vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre mais pas contre la souche Bundibugyo actuellement en circulation. « Cette allocation comprend 20 000 doses destinées à un essai clinique de phase 3 (...) et 50 000 doses pour les travailleurs de première ligne », précise l'OMS. Ce déploiement provient du stock mondial du Groupe international de coordination, réunissant OMS, Unicef, la Croix-Rouge et Médecins sans frontières, avec le financement de Gavi. Le vaccin, produit par le laboratoire américain Merck, avait fait l'objet d'une recommandation d'essai clinique le 7 août, faute de certitude sur son efficacité contre la souche en cause.
Déclarée le 15 mai avec plusieurs semaines de retard dans des régions du Nord et de l'Est où l'État peine à s'imposer, l'épidémie a fait 2 420 morts sur 5 105 cas confirmés selon l'OMS, un bilan que L'Obs relativise en citant un chiffre officiel plus récent (2 299 décès pour 4 945 cas au 17 août) et souligne que les ONG jugent ces données sous-évaluées.
L'Obs consacre un reportage à la clinique Karibuni Wa Mama, où les soignantes, épuisées, décrivent une charge disproportionnée pesant sur les femmes congolaises. Selon Sofia Calltorp, de l'ONU Femmes, « le virus suit les réalités sociales » : soins à domicile, tâches ménagères et pratiques funéraires exposent davantage mères, tantes et sœurs, sans qu'une politique sanitaire ciblée n'ait encore été mise en place.
