ANGLE DOMINANT
Brésil établit un parallèle avec ses propres factions criminelles, le PCC et le Comando Vermelho, en observant la chute du dernier parrain historique du narcotrafic mexicain.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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El Mayo Zambada, 76 ans, condamné à la perpétuité par le juge fédéral Brian Cogan à Brooklyn, avec confiscation de biens estimée à 15 milliards de dollars
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Sa capture le 25 juillet 2024 résulterait d'un piège tendu par Joaquín Guzmán López, fils de son ex-associé « El Chapo », en lien avec la coopération judiciaire du fils d'El Mayo en 2019
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Une guerre interne entre héritiers d'El Mayo et fils d'El Chapo a fait environ 2 000 morts en deux ans dans l'État de Sinaloa, selon l'Estadão
ANALYSE
Brasília, 21 juillet 2026. La presse brésilienne consacre une large place à la condamnation, lundi à Brooklyn, d'Ismael « El Mayo » Zambada, cofondateur du cartel de Sinaloa, à la prison à perpétuité pour trafic de drogue. À 76 ans, celui que l'on surnommait « senhor do chapéu » est, selon l'Estadão, « le dernier des parrains historiques du narcotrafic mexicain ». Le juge fédéral Brian Cogan a prononcé la peine après un accord de plaidoyer coupable conclu en août 2025, qui lui a permis d'éviter la peine de mort.
Les médias brésiliens rappellent les circonstances troubles de son arrestation, le 25 juillet 2024, dans un aéroport du sud des États-Unis : Zambada affirme avoir été attiré dans un piège tendu par Joaquín Guzmán López, fils de son ex-associé « El Chapo » Guzmán, déjà condamné à perpétuité en 2019. Selon la Folha, ce serait le témoignage de Vicente Zambada, fils d'El Mayo, livré à la justice américaine en 2019 contre El Chapo, qui aurait poussé un fils de ce dernier à orchestrer cette livraison cinq ans plus tard.
L'Estadão souligne qu'une guerre interne oppose depuis deux ans les héritiers d'El Mayo aux fils d'« El Chapo », faisant environ 2 000 morts dans l'État de Sinaloa — un chiffre que les rédactions brésiliennes mettent en miroir avec la violence de leurs propres organisations criminelles. Le journal consacre d'ailleurs son édito à une entrevue avec une chercheuse d'Oxford sur « le rôle du Brésil dans le trafic mondial de drogue », évoquant le PCC et le Comando Vermelho comme relais logistiques vers l'Europe.
Devant le tribunal, en uniforme carcéral, Zambada a lu une lettre en espagnol : « Je reconnais avoir causé du tort et j'assume ma responsabilité (...) la violence doit cesser au Mexique et ailleurs. » La Folha rapporte aussi une confiscation de biens estimée à 15 milliards de dollars (environ 76 milliards de reais). Pour la presse brésilienne, cette clôture judiciaire ne signe pas la fin de la violence liée au fentanyl et à la cocaïne, dont les routes traversent aussi l'Amérique du Sud.
