ANGLE DOMINANT
Moscou mesure l'ultimatum espagnol adressé à Rome et anticipe un possible nouvel assaut migratoire contre Ceuta le 15 août, en s'appuyant sur les communiqués officiels de Madrid.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sur les 72 000 migrants entrés à Ceuta, environ 70 000 sont déjà repartis au Maroc, selon le ministre espagnol Fernando Grande-Marlaska (Interfax).
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TASS chiffre à au moins 75 morts le bilan des tentatives d'atteindre Ceuta, dont 11 recensés par le gouvernement marocain.
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Le représentant espagnol à Ceuta, Alejandro Ramirez, et la Garde civile évoquent la possibilité d'un nouveau franchissement massif le 15 août (Sputnik).
ANALYSE
Moscou, 8 août 2026. Les agences russes couvrent la crise migratoire de Ceuta sous deux angles : le bras de fer diplomatique entre Madrid et Rome, et la crainte d'un nouveau passage massif à la mi-août. TASS et Interfax reprennent en détail le communiqué du gouvernement espagnol, qui qualifie les contrôles frontaliers italiens de « injustes, contraires aux intérêts de l'UE et discriminatoires envers la population espagnole », introduits « sans préavis, unilatéralement et sur la base d'arguments fallacieux qui ne correspondent ni au code Schengen ni à la réalité ». Madrid fixe l'échéance : si Rome ne lève pas ses contrôles avant la fin du dimanche 9 août, l'Espagne « sera contrainte d'adopter des mesures proportionnées pour protéger les intérêts et la dignité de ses citoyens » — sans préciser lesquelles.
Interfax cite le ministre de l'Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska : sur les 72 000 migrants entrés illégalement à Ceuta la semaine dernière, environ 70 000 sont déjà repartis au Maroc, et la situation « n'a pas mis en danger les frontières de l'espace Schengen ». RT rappelle qu'une décision de la Cour suprême espagnole — interdisant l'expulsion immédiate des migrants interceptés en mer tentant de rejoindre Ceuta ou Melilla à la nage — a précédé l'afflux, et que plusieurs dirigeants européens ont demandé l'exclusion de l'Espagne de Schengen. Interfax précise que l'Allemagne, la Hongrie, la Suède et la Pologne avaient appelé l'UE à envisager une suspension de sa coopération avec Madrid. TASS chiffre le bilan humain à au moins 75 morts, dont 11 recensés par le gouvernement marocain, et note l'envoi de militaires espagnols pour sécuriser l'enclave.
Sputnik consacre deux dépêches distinctes à la menace d'un nouveau franchissement. Le représentant du gouvernement espagnol à Ceuta, Alejandro Ramirez, dit s'inquiéter d'appels sur les réseaux sociaux à une nouvelle tentative massive le 15 août ; la radio Cadena SER évoque un afflux possible avant cette date, et la Garde civile estime que si rien ne se produit ce jour-là, ce sera dû à une préparation en amont qui avait fait défaut en juillet. Le maire de Ceuta, Juan Jesus Vivas, qualifie l'arrivée des migrants d'« invasion », affirme que le Maroc ne reconnaît pas la souveraineté espagnole sur l'enclave, et décrit des habitants « effrayés » craignant une répétition plus grave. Entre 3 000 et 5 000 migrants restent sur place, selon lui, sans amélioration notable de la situation.
