ANGLE DOMINANT
Paris décortique le prospectus d'Anthropic sous l'angle financier : une croissance fulgurante, des pertes et des engagements de calcul massifs, pour une valorisation qui oscille entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Chiffre d'affaires de 16,3 milliards de dollars au premier semestre 2026, contre 1,1 milliard un an plus tôt (La Tribune)
- 02
Engagements auprès de fournisseurs de cloud de 265 milliards de dollars sur vingt ans fin juin ; perte de 8,4 milliards hors effet comptable de 72 milliards (Sud Ouest)
- 03
Valorisation recherchée entre 1 500 et 1 750 milliards selon le Financial Times, contre 965 milliards en mai (Le Monde)
ANALYSE
Paris, 27 octobre 2026. La presse française rend compte du dépôt, lundi 26 octobre, du formulaire S-1 d'Anthropic auprès de la SEC, le « gendarme boursier américain » selon La Tribune. Le créateur du modèle Claude prévoit de coter ses actions de classe A sur le Nasdaq sous le symbole « ANT », avec une cotation possible dès la mi-novembre 2026, conduite par Goldman Sachs et Morgan Stanley.
Sur la valorisation, La Tribune évoque un objectif d'environ 2 000 milliards de dollars. Le Monde nuance : citant le Financial Times, il indique que les actionnaires actuels recherchent entre 1 500 et 1 750 milliards, soit moins que les 2 000 milliards évoqués cet été. Lors de sa dernière augmentation de capital, en mai, Anthropic avait été valorisée 965 milliards de dollars.
Les chiffres du prospectus frappent : 16,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires au premier semestre 2026, contre 1,1 milliard un an plus tôt, puis 16,8 milliards au troisième trimestre, en hausse de 45 % sur le précédent. Sud Ouest relève toutefois des pertes importantes : un effet comptable lié à la valorisation des actions a pesé de 72 milliards de dollars, mais, cet effet retiré, la perte atteint encore 8,4 milliards.
Le quotidien régional insiste sur le coût du calcul : à la différence de Google, Meta ou SpaceX, Anthropic ne dispose pas de flux de trésorerie issus d'autres activités, et ses engagements auprès de fournisseurs de cloud s'élevaient fin juin à 265 milliards de dollars sur vingt ans. L'analyste Jacob Bourne (Emarketer) y voit « les coûts exorbitants du développement de l'IA de pointe ».
Le volet risques est également relevé : près de 100 des 335 pages hors annexes y sont consacrées. Sud Ouest note qu'à aucun moment le groupe ne reprend à son compte les avertissements de salariés ou d'anciens salariés sur le danger de l'IA pour l'humanité, tout en admettant que ses garde-fous ont déjà connu des défaillances.
Le Monde replace l'événement dans un contexte de marchés qui « donnent des signes de craquement » et juge que les 237 000 mots du texte confirment ce qui était connu, sans les surprises de l'introduction de SpaceX en juin. BFM Business, dans sa chronique Tech Flash, associe l'opération à la levée de fonds de SpaceX pour acheter des puces NVIDIA.
SOURCES (4)
- Sud OuestMOYEN
- La TribuneMOYEN
- BFM BusinessMOYEN
