ANGLE DOMINANT
France chiffre le prix de sa cinquième canicule de l'été, entre parc nucléaire sous tension, nappes phréatiques à sec et récoltes menacées.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Météo-France : 80 départements en vigilance orange canicule jeudi, jusqu'à 40 °C à Joué-lès-Tours
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La ministre Monique Barbut évalue le coût de l'été entre 10 et 15 milliards d'euros et convoque le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique
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EDF : taux de puissance manquante de 20,4 % dans le parc nucléaire, 3 réacteurs de Gravelines arrêtés à cause de méduses
ANALYSE
Paris, 13 août 2026. La cinquième vague de chaleur de la saison ne laisse plus aucun répit au pays. Selon Météo-France, 78 départements étaient classés en vigilance orange canicule mercredi, un chiffre porté à 80 jeudi, avec des pointes à 40 °C relevées à Joué-lès-Tours et des températures voisines de 35 °C jusqu'à Paris-Montsouris. D'après l'AFP, 30 millions de Français devaient connaître mercredi des températures supérieures à 35 °C, sur un total de 92 millions d'Européens concernés. À Rennes, où le thermomètre affichait 34 °C, un aide-chef de chantier de 24 ans, Evan Esnaud, témoigne : « On essaie d'aménager nos horaires. Commencer à 6 heures du matin plus de deux mois complets, je pense que ce sera dur physiquement. »
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui a réuni mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique, a estimé que les fortes chaleurs de l'été pourraient coûter « entre 10 et 15 milliards d'euros », tout en appelant à prendre ce chiffre « avec beaucoup de précautions ». Elle a jugé que « la quasi-totalité du territoire » était désormais en situation de sécheresse. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) recense 94 % des nappes phréatiques en baisse et 67 départements classés en « crise », tandis que près de 70 % du territoire fait l'objet de restrictions d'usage de l'eau, jusqu'en Bretagne, région pourtant réputée épargnée par la sécheresse.
Le parc nucléaire d'EDF encaisse aussi le choc : le taux de puissance manquante a atteint 20,4 % mercredi, 13 réacteurs sur 57 étant affectés, après qu'un afflux de méduses a contraint la centrale de Gravelines à arrêter trois réacteurs. Côté agricole, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, réclame un plan d'aide « chiffré », évoquant plus d'un milliard d'euros de pertes de fourrage pour l'élevage ; la filière pomme (AOP Limousin, ANPP) anticipe jusqu'à 20 % de récolte en moins.
Signe d'un basculement plus durable, une étude Pouget Consultants/Ignes juge qu'un logement français sur deux est une « bouilloire thermique » : 8 personnes interrogées sur 10 déclarent un inconfort lié aux fortes chaleurs, et un tiers envisage désormais de déménager si les canicules s'intensifient, l'exposition sud devenant, selon un agent immobilier parisien, un critère « qui n'est plus autant demandé qu'avant ».
SOURCES (6)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- L'ObsMOYEN
- BFM BusinessMOYEN
