Le 23 mai 2026, un coup de grisou a frappé la mine de charbon Liushenyu, dans la province du Shanxi, exploitée par le groupe Tongzhou. Au moins 90 personnes sont mortes : 247 mineurs se trouvaient sous terre au moment des faits. C'est la catastrophe minière la plus meurtrière en Chine depuis l'accident du Heilongjiang en 2009, qui avait fait 108 morts.
Les autorités ont reconnu de graves violations légales de la part de l'exploitant, et des dirigeants du groupe ont été placés en détention dès le lendemain. Xi Jinping a ordonné publiquement des efforts maximaux pour les secours ainsi qu'une enquête approfondie chargée d'identifier les responsables.
L'accident éclaire une tension de fond. Le Shanxi produit à lui seul près d'un tiers du charbon national, soit 1,3 milliard de tonnes en 2025. Cette pression productive s'inscrit dans la stratégie d'indépendance énergétique affirmée par Pékin depuis la crise de 2021. Si la Chine a nettement réduit le nombre de décès miniers en deux décennies grâce à un durcissement réglementaire, des accidents graves restent récurrents, révélant les limites de l'application effective des règles.
Plusieurs points demeurent disputés. Certains acteurs soulignent l'écart entre le bilan officiel initial — 4 puis 8 morts — et le chiffre final, et s'interrogent sur la fiabilité des premières communications. D'autres questionnent la cohérence entre les ambitions climatiques affichées et le maintien d'une production charbonnière record. L'événement intervient enfin alors que les relations sino-indiennes se normalisent, un geste de condoléances de New Delhi étant lu comme un signe d'ouverture.