ANGLE DOMINANT
Brasília anticipe les enjeux du G7 d'Évian à travers un double prisme : la présence inédite de Lula comme invité et l'espoir d'une rencontre improvisée avec Trump, sur fond de menaces tarifaires directes contre le Brésil.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Lula participe au G7 d'Évian comme invité de Macron ; une rencontre informelle avec Trump est envisagée sans demande bilatérale formelle de part et d'autre.
- 02
Le Brésil fait face à une surtaxe américaine de 25% pour pratiques commerciales jugées déloyales, plus 12,5% liée au travail forcé — la première jugée négociable, la seconde « pratiquement consolidée » selon l'équipe de Lula.
- 03
L'accord EUA-Iran prévoit la réouverture du Détroit d'Ormuz sous 30 jours et un accord final sous 60 jours ; la signature est fixée au 19 juin en Suisse sous médiation pakistanaise.
ANALYSE
Brasília, 15 juin 2026. Le Brésil n'est pas membre du G7 — mais il en occupe pourtant une place centrale dans la couverture médiatique brésilienne du sommet d'Évian-les-Bains. Luiz Inácio Lula da Silva a embarqué dimanche 14 juin pour la France, invité à la 52e coupole par Emmanuel Macron, hôte de la réunion. La stratégie du Palácio do Planalto est précise : être présent dès le lundi 15, premier jour du sommet, au cas où Donald Trump n'assisterait qu'à l'ouverture — comme il l'avait fait au G7 du Canada l'an dernier. Car si aucune réunion bilatérale n'a été formellement demandée par l'un ou l'autre camp, le gouvernement brésilien n'exclut pas une rencontre de couloir. Les dossiers à traiter ne manquent pas. Washington a imposé au Brésil une surtaxe additionnelle de 25%, justifiée par des accusations de pratiques commerciales déloyales, et une sobretaxa de 12,5% liée à l'insuffisance supposée de mesures contre le travail forcé. La première est jugée encore négociable par l'équipe de Lula ; la seconde est considérée comme pratiquement acquise. Le contexte géopolitique général qui s'impose à Évian est lui aussi au cœur de la presse brésilienne. L'accord annoncé entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre et rouvrir le Détroit d'Ormuz — fermé depuis plus de cent jours depuis le début du conflit en février — a été confirmé dimanche par les deux capitales. La signature est prévue le 19 juin en Suisse, sous médiation pakistanaise. Trump a autorisé sur Truth Social « l'ouverture intégrale du Détroit d'Ormuz sans péage » et la levée simultanée du blocus naval américain aux ports iraniens. Téhéran prévoit une réouverture dans un délai de trente jours, avec un accord final dans soixante jours. L'impact économique a été immédiat : le baril de Brent a chuté de 4% dès l'annonce. Mais la durabilité de l'accord est questionnée. Après l'annonce pakistanaise, Israël a de nouveau bombardé Beyrouth, poussant le principal négociateur iranien Mohammad Baqer Qalibaf à mettre en doute la « capacité ou la disposition des États-Unis à tenir leurs engagements ». Trump, qui fêtait ses 80 ans dimanche, a critiqué l'attaque israélienne sur Truth Social : « L'attaque de ce matin sur Beyrouth n'aurait pas dû avoir lieu, surtout un jour aussi important. » Sur le front commercial franco-américain, la presse brésilienne rapporte l'ultimatum lancé par Trump à Macron : si Paris n'abandonne pas la taxe de 3% sur les géants technologiques américains — le fameux impôt GAFAM —, Washington imposera des droits de 100% sur les vins et champagnes français, un secteur pesant plus de 2 milliards de dollars par an dont un cinquième des ventes mondiales dépend du marché américain.
SOURCES (3)
- Jornal de BrasíliaMOYEN
- G1 GloboMOYEN
