ANGLE DOMINANT
Paris mesure l'enjeu du sommet d'Évian comme un test décisif de son influence face à un Trump imprévisible, en arbitrant entre la pression commerciale américaine, le règlement du dossier iranien et la quête d'une ligne commune sur l'Ukraine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un protocole d'accord américano-iranien a été annoncé la veille du sommet, prévoyant notamment la réouverture du détroit d'Ormuz ; la signature formelle est prévue vendredi à Genève selon le Pakistan.
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Près de 14 000 personnels de sécurité sont déployés côté français (policiers, gendarmes, militaires), tandis que 20 000 manifestants ont défilé à Genève en opposition au sommet.
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Donald Trump a menacé d'imposer des tarifs à 100 % sur le vin français et le numérique, mais un responsable américain a salué l'inscription des déséquilibres commerciaux à l'agenda par la France.
ANALYSE
Paris, 15 juin 2026. C'est le dernier G7 d'Emmanuel Macron en tant que président organisateur, et la France a tout misé sur ce sommet de la station thermale savoyarde pour peser dans la recomposition de l'ordre mondial. Dès dimanche soir, un protocole d'accord entre Washington et Téhéran — négocié avec la médiation pakistanaise — a redistribué les cartes, offrant au sommet un agenda encore plus chargé que prévu.
Macron a annoncé sur Instagram que les dirigeants du G7 discuteraient dès lundi des "conséquences" de cet accord : "le soutien au Liban, la réouverture d'Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran". La fermeture du détroit d'Ormuz depuis le déclenchement du conflit le 28 février pèse directement sur les économies européennes, avec une envolée des prix du carburant que L'Express documente en détail.
Sur l'Ukraine, les Européens espèrent redevenir des acteurs centraux. Volodymyr Zelensky est attendu mardi à Évian pour une session de travail. Selon Sud Ouest, Trump et Zelensky "pourraient très bien se croiser en marge" des réunions, mais aucune entrevue bilatérale formelle n'est inscrite à l'agenda américain. Un conseiller américain sous couvert d'anonymat a qualifié Trump de "seul" dirigeant international capable de mettre fin au conflit russo-ukrainien.
La question commerciale plane comme une épée de Damoclès. Donald Trump a brandi la menace de tarifs à 100 % visant explicitement le vin français et les géants du numérique opérant en Europe. Un responsable américain a néanmoins salué la décision "très intelligente" de la France d'inscrire les "déséquilibres commerciaux" à l'agenda — lecture française d'une tactique de désamorçage diplomatique.
Le dispositif sécuritaire témoigne de l'ampleur des enjeux et des risques. RFI rapporte quelque 14 000 personnels mobilisés côté français — policiers, gendarmes, militaires, pompiers — avec radars, systèmes sol-air et lutte anti-drones. De l'autre côté du lac Léman, en Suisse, plus de 20 000 manifestants ont défilé à Genève sous l'étiquette "No-G7", coalition de plus de 60 associations dénonçant "fascisme et impérialisme".
Le Monde souligne l'enjeu symbolique : une chaise vide de Trump "aurait signé l'échec cuisant" du sommet. France 24 rappelle que Macron entend élargir la portée du G7 en invitant des dirigeants du Brésil, de l'Inde, de l'Égypte, du Kenya et de la Corée du Sud. Égypte, Émirats arabes unis et Qatar participeront mardi à la session sur l'Iran, pays impliqués dans la médiation du conflit. La présidence française a promis "un sommet des crises et un sommet concret dans ses résultats" — formule qui résume l'ambition française de transformer une séquence chaotique en levier diplomatique.
