ANGLE DOMINANT
Pékin scrute d'abord ce que ces frappes contre Aramco signifient pour le premier exportateur mondial de brut, sans se prononcer sur la responsabilité du camp houthiste ou saoudien.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole militaire houthiste Yahya Sarea a revendiqué l'usage de « dizaines de missiles balistiques et de drones » contre des installations Aramco à Abha, Najran et Jazan et contre la base aérienne King Khalid près de Khamis Mushait (CGTN).
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Le ministère saoudien de l'Énergie a fait état d'incendies dans plusieurs installations énergétiques et de la suspension temporaire de certaines opérations (CGTN).
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Le porte-parole de la coalition Turki al-Malki a fait état de 73 blessés, dont des femmes et des enfants, sans préciser leur répartition (South China Morning Post).
ANALYSE
Pékin, 9 septembre 2026. Les agences chinoises rapportent avec prudence la vague de frappes houthistes qui a touché quatre villes du sud-ouest saoudien mardi, en donnant la parole aux deux camps sans trancher. Selon CGTN, le porte-parole militaire houthiste Yahya Sarea a revendiqué l'usage de « dizaines de missiles balistiques et de drones » contre des installations du groupe pétrolier Aramco à Abha, Najran et Jazan, ainsi que contre la base aérienne King Khalid près de Khamis Mushait. Sarea a qualifié les frappes de « précises et directes », affirmant qu'elles avaient causé « des dommages significatifs », sans autre détail.
Côté saoudien, le porte-parole de la coalition menée par Riyad, Turki al-Malki, a dénoncé une « escalade dangereuse » et une « violation flagrante de la souveraineté du Royaume ». Il a fait état de 73 blessés, dont des femmes et des enfants, sans préciser leur répartition. Le ministère saoudien de l'Énergie a confirmé des incendies sur plusieurs installations énergétiques dans le sud du pays, avec suspension temporaire de certaines opérations.
Pour la presse chinoise, gros importateur de pétrole du Golfe, la question énergétique domine la lecture de l'événement : ce sont des sites Aramco, premier exportateur mondial de brut, qui ont été directement visés, avec des interruptions d'activité confirmées par les autorités saoudiennes elles-mêmes. CGTN relaie aussi la justification houthiste : Sarea a présenté l'opération comme une réponse à « une escalade brutale des opérations militaires saoudiennes », évoquant 121 frappes aériennes en trois jours, et citant une frappe de lundi sur la prison d'Al-Hazm, dans la province d'Al-Jawf, ayant causé des victimes parmi détenus et visiteurs.
Le South China Morning Post situe l'épisode dans la reprise plus large du conflit yéménite : la trêve de quatre ans a volé en éclats, les forces gouvernementales soutenues par Riyad revendiquent des gains à Hodeida, Taïz et Al-Bayda, et les houthistes multiplient depuis des semaines les attaques contre des pétroliers en mer Rouge. CGTN cite enfin l'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, qui a qualifié lundi la reprise des hostilités de développement « extrêmement alarmant », appelant toutes les parties à cesser les combats et à faire preuve d'une retenue maximale.
