ANGLE DOMINANT
Islamabad revendique le rôle de pivot dans l'accord Iran-États-Unis : le Premier ministre Shehbaz Sharif confirme que le texte final est « convenu » et que le Pakistan pilote les étapes suivantes, positionnant la diplomatie pakistanaise comme levier de puissance régionale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Premier ministre Shehbaz Sharif a déclaré vendredi que le texte final de l'accord Iran-États-Unis est « convenu » et que le Pakistan pilote les étapes suivantes (Geo News).
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Trump a affirmé à la Maison-Blanche que le détroit d'Ormuz « s'ouvrira officiellement » dès la signature, envisagée ce week-end en Europe avec JD Vance comme signataire américain.
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Le porte-parole iranien Baghaei a déclaré que l'Iran « n'a pas abouti à une conclusion » et que les éléments liés à un accord restent de la « spéculation » selon l'agence IRNA.
ANALYSE
Islamabad, 13 juin 2026. Le Pakistan ne se contente pas d'observer le feuilleton Iran-États-Unis depuis les gradins : Islamabad s'y place en arbitre revendiqué. Vendredi, le Premier ministre Shehbaz Sharif a publié sur son compte X une déclaration sans équivoque — « Nous pouvons confirmer qu'un texte final et convenu de l'accord de paix a été atteint, et le Pakistan travaille désormais en étroite collaboration avec les deux parties pour finaliser les prochaines étapes. » La formule est volontairement solennelle, taggant les présidents Trump et Khamenei ainsi que d'autres dirigeants des deux camps. « La paix n'a jamais été aussi proche », a ajouté Sharif.
Cette prise de parole survient dans un contexte tendu : depuis mi-mars, Trump multiplie les annonces d'imminence de l'accord — sans que rien ne se concrétise. Cette fois, le président américain a déclaré jeudi à la Maison-Blanche : « Nous venons de parvenir à un formidable règlement de la guerre avec l'Iran. » Il a précisé que le détroit d'Ormuz « s'ouvrira officiellement dès que nous signerons, ce qui pourrait être bientôt — ce week-end en Europe » — et que le vice-président JD Vance pourrait signer au nom des États-Unis.
Mais Téhéran tempère aussitôt. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a affirmé qu'une « grande partie » du texte est finalisée tout en prenant soin d'ajouter : « Nous n'avons pas abouti à une conclusion sur cette question. » L'agence officielle IRNA, de son côté, qualifie les éléments liés à un accord de « spéculations ». Signe que les équipes ne lisent pas le même document.
Ce qui compliquerait l'heure de gloire pakistanaise : des fuites sur le contenu du mémorandum, relayées par des sources occidentales, pakistanaises et iraniennes, indiquent des termes très favorables à Téhéran. Trump a lui-même réagi en qualifiant ces rapports d'« inexacts », crispant les négociations au moment précis où Islamabad cherche à jouer les garants. L'Express Tribune note que les Saoudiens avaient explicitement appelé au leadership Pakistan-Qatar pour relancer les pourparlers — signe que le rôle de médiateur d'Islamabad est reconnu régionalement, mais aussi encadré par d'autres acteurs.
Pour le Pakistan, l'enjeu va au-delà du symbolique. Un accord qui rouvre le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part cruciale des approvisionnements énergétiques régionaux, aurait des effets directs sur les prix du pétrole et donc sur une économie pakistanaise sous pression. La guerre de trois mois a « tué des milliers de personnes et fait monter fortement les prix de l'énergie mondiale », rappelle Dawn. Islamabad a donc un intérêt économique autant que diplomatique à faire aboutir ce dossier — ce qui explique l'engagement personnel de Shehbaz Sharif jusqu'à citer explicitement une « campagne de désinformation » menée par ceux qui voudraient saboter l'accord.
