Une vidéo publiée par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a déclenché une vague de réactions internationales. On y voit des activistes de la flottille humanitaire agenouillés, les mains liées dans le dos, au port d'Ashdod, accompagnés de la légende « Bienvenue en Israël ». La scène intervient après l'arraisonnement en mer de la flottille Global Sumud, partie de Turquie.
Environ 430 activistes représentant plus de 40 nationalités ont été interceptés puis transférés au port d'Ashdod. Plusieurs États, dont la France, l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Australie, ont convoqué l'ambassadeur ou le chargé d'affaires israélien pour protester contre le traitement réservé aux personnes détenues. À l'intérieur même du gouvernement israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar ont publiquement pris leurs distances avec la démarche de Ben-Gvir, la jugeant contraire aux valeurs du pays.
L'épisode s'inscrit dans une pression diplomatique croissante sur Israël depuis le début du conflit à Gaza en octobre 2023. La réaction transatlantique large, incluant des alliés traditionnels, marque une inflexion dans les dynamiques habituelles de soutien. En parallèle, des sanctions américaines visant des organisateurs de flottilles ont été annoncées, illustrant des approches divergentes entre capitales sur les moyens de pression.
Plusieurs points restent disputés. Certains acteurs qualifient l'interception en eaux internationales d'acte illégal, tandis que d'autres n'en contestent pas la légalité et concentrent leurs critiques sur la seule vidéo. Le geste de Ben-Gvir est lu par les uns comme une faute personnelle dissociée de la politique officielle, par les autres comme le symptôme d'une logique plus large. La place accordée au contexte humanitaire à Gaza varie elle aussi fortement selon les acteurs.