ANGLE DOMINANT
Quito mesure une décision judiciaire américaine qui ne cite pas l'Équateur mais fragilise tout l'édifice migratoire de l'administration Trump en Amérique latine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La juge Jeannette Vargas, du district sud de New York, a jugé dans un fallo de 61 pages que la suspension des visas d'immigration était « manifestement illégale » et que le secrétaire d'État Marco Rubio avait outrepassé son autorité légale.
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La suspension, en vigueur depuis le 21 janvier, visait le traitement des visas d'immigration pour 75 pays, dont Brésil, Colombie, Cuba, Guatemala, Haïti, Nicaragua et Uruguay en Amérique latine et aux Caraïbes.
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Parmi les plaignants figurent cinq professionnels colombiens dont la demande de visa avait été rejetée en invoquant cette politique, ainsi que six citoyens américains.
ANALYSE
Quito, 23 août 2026. Une juge fédérale de New York, Jeannette Vargas, a annulé vendredi la suspension du traitement des visas d'immigration imposée depuis le 21 janvier à des ressortissants de 75 pays par l'administration Trump. Dans un jugement de 61 pages, la magistrate du district sud de New York a jugé la mesure « manifestement illégale » et estimé que le secrétaire d'État Marco Rubio avait outrepassé son autorité légale en l'imposant.
La presse équatorienne — El Universo, El Comercio et Primicias — relaie ce jugement avec attention, alors que l'Équateur ne figure pas lui-même sur la liste des 75 pays visés par la suspension, laquelle englobait plusieurs voisins d'Amérique latine et des Caraïbes : Brésil, Colombie, Cuba, Guatemala, Haïti, Nicaragua et Uruguay, aux côtés de l'Afghanistan, l'Égypte, l'Irak, l'Iran, le Maroc, le Nigeria, la Russie, la Somalie, la Thaïlande et le Yémen.
Le jugement porte spécifiquement sur le traitement des demandes de visas d'immigration — la résidence permanente —, et non sur les visas de non-immigrant qui permettent une entrée temporaire aux États-Unis, précise Primicias. Vargas a estimé que des fonctionnaires consulaires avaient reçu l'ordre de refuser des visas sur le seul critère du pays d'origine, même lorsque les autres conditions étaient remplies, en contradiction avec une règle exigeant une évaluation individualisée de chaque dossier.
Le département d'État avait justifié la mesure en invoquant un risque élevé que les ressortissants de ces pays deviennent dépendants de l'aide sociale ou « une charge » pour les finances publiques américaines. Parmi les plaignants figurent cinq professionnels colombiens dont la demande avait été rejetée en invoquant cette politique, ainsi que six citoyens américains.
Sollicité par l'agence EFE, un porte-parole du département d'État a indiqué ne pas commenter les litiges en cours, tout en affirmant que l'administration Trump « protège le peuple américain en maintenant les normes les plus rigoureuses d'évaluation » des candidats aux visas.
Pour la presse équatorienne, ce jugement constitue « un nouveau coup porté à l'agenda anti-immigration » de Donald Trump, selon les termes de Primicias, et s'inscrit dans une série de revers judiciaires infligés à la politique migratoire de la Maison-Blanche depuis janvier. Si l'Équateur n'apparaît pas parmi les 75 pays cités, la décision retient l'attention à Quito compte tenu du poids de l'émigration équatorienne vers les États-Unis, où le contentieux migratoire lancé sous l'administration Trump se poursuit devant les tribunaux fédéraux.
