ANGLE DOMINANT
Washington mesure le prix à payer pour sauver sa feuille de route sur Gaza, quitte à inverser l'ordre habituel de ses consultations avec Israël
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Kushner a rencontré le chef du Hamas Khalil al-Hayya en Égypte dimanche, une première depuis la signature de l'accord d'octobre dernier (ABC News, NPR).
- 02
Une source citée par Axios décrit l'objectif de la rencontre comme la « traduction » des engagements du Hamas « en étapes concrètes et vérifiables », dont le désarmement et l'exclusion du Hamas de la future gouvernance de Gaza.
- 03
Netanyahou avait publiquement rejeté le plan en 15 points la semaine précédente, un geste de défiance rare envers l'administration Trump (ABC News, NPR).
ANALYSE
Washington, 17 août 2026. La présidence américaine a placé son émissaire le plus proche, Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, au centre d'une séquence diplomatique inhabituelle : une rencontre dimanche au Caire avec le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, avant un déplacement prévu lundi en Israël pour voir Benjamin Netanyahou. Selon ABC News et NPR, il s'agit de la première rencontre de Kushner avec des dirigeants du Hamas depuis la signature, en octobre dernier, de l'accord ayant mis fin aux opérations militaires majeures à Gaza, dix mois plus tôt. Une précédente rencontre entre Kushner, l'émissaire Steve Witkoff et des responsables du Hamas en Égypte avait, l'an dernier, contribué à conclure le cessez-le-feu.
L'objectif affiché est de sauver la feuille de route américaine sur Gaza, 15 points selon ABC News et NPR, 20 selon Axios, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien du territoire. Selon Axios, une source proche des discussions décrit l'objectif de la rencontre comme la « traduction » des engagements du Hamas « en étapes concrètes et vérifiables » : transfert de l'autorité à un gouvernement technocratique palestinien, absence de tout rôle du Hamas dans la future gouvernance de Gaza, début du démantèlement des armes, déploiement d'une force internationale de stabilisation, et reconstruction sans détournement ni intimidation. Le Board of Peace créé par Washington demande en retour à Israël des « retraits correspondants » si le Hamas engage son désarmement, et une accélération de l'aide humanitaire.
Kushner n'était pas seul face au Hamas : Tony Blair, ex-premier ministre britannique, et le représentant du Board of Peace, Nickolay Mladenov, l'accompagnaient, aux côtés du chef du renseignement égyptien Hassan Rashad, du diplomate qatari Ali al-Thawadi et d'un haut responsable turc.
La rencontre survient une semaine après que Netanyahou a publiquement rejeté le plan en 15 points, un geste de défiance rare envers l'administration Trump, pourtant le plus proche allié d'Israël. En se rendant chez Netanyahou après avoir vu le Hamas plutôt qu'avant, Kushner inverse l'ordre habituel des consultations américaines. Plus de deux millions de personnes vivent à Gaza, largement sous contrôle militaire israélien depuis la fin des opérations majeures.
