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Le week-end des 28 et 29 juin 2026 a vu se dérouler simultanément deux marches des fiertés aux trajectoires opposées. À Budapest, des dizaines de milliers de personnes ont défilé lors de la première édition librement organisée depuis des années de restrictions. L'événement s'est tenu peu après la défaite électorale de Viktor Orbán, en avril 2026, qui a mis fin à seize années de gouvernance nationaliste-populiste. À Istanbul, la marche a été interdite par les autorités locales puis dispersée par la police, avec au moins cinquante arrestations, dont celles de journalistes accrédités.
La répression à Istanbul s'inscrit dans un schéma récurrent depuis 2015, alors même que l'homosexualité n'est pas légalement interdite en Turquie, pays membre de l'OTAN. En arrière-plan, la Russie a rendu ses premiers verdicts après avoir désigné, en 2023, le mouvement LGBT comme organisation extrémiste : le gérant d'un club à Orenbourg a été condamné à sept ans de prison.
Ces événements prennent leur sens dans un cadre juridique européen mouvant. En avril 2026, la Cour de justice de l'Union européenne avait jugé les lois anti-LGBT hongroises incompatibles avec les libertés fondamentales de l'UE. La marche de Budapest est ainsi lue comme un signe de rapprochement avec le droit européen, dans une géographie où coexistent démocratisation fragile en Europe centrale, restrictions persistantes et criminalisation.
Plusieurs points restent disputés. Le sens central à donner à ce week-end fait débat : certains acteurs mettent l'accent sur Budapest comme tournant, d'autres sur la répression à Istanbul. La solidité du changement hongrois divise aussi : certains relèvent que la législation contestée n'a pas été abrogée et que des tensions sociales persistent, quand d'autres présentent l'alternance comme acquise.
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