ANGLE DOMINANT
Rome décrypte la visite de Merz à Kiev comme un message adressé à Moscou, au cœur d'une escalade que la presse italienne juge sans issue immédiate.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Merz, accompagné de la ministre de l'Économie Katherina Reiche, a effectué une visite surprise à Kiev le dimanche 4 octobre (ANSA).
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Zelensky a fait état de 135 drones d'attaque dans la nuit, dont plus de 50 à réaction, et de six blessés ; le Pont Nord de Kiev a été touché (ANSA).
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Le ministère russe de la Défense annonce des frappes intensifiées et Peskov déclare que la Russie combattra « même pour 0,01 % » du Donetsk (ANSA).
ANALYSE
Rome, 5 octobre 2026. Les journaux italiens racontent la visite surprise du chancelier Friedrich Merz à Kiev, dimanche 4 octobre, d'abord comme un épisode de l'escalade en cours. L'ANSA précise que le chancelier était accompagné de la ministre de l'Économie Katherina Reiche. Dans un communiqué diffusé à son arrivée, il a justifié le voyage : « Si la Russie n'est pas arrêtée, sa machine de guerre finira tôt ou tard par se retourner contre nous ». Sur place, il a parlé de « semaines décisives » pour l'Ukraine : « Vous pouvez compter sur nous ».
La dépêche insiste sur le décor. Le Pont Nord de Kiev, sur le Dniepr, a été de nouveau touché par un drone russe pendant la visite. Le maire Vitali Klitschko a signalé un impact sur la chaussée via Telegram. Volodymyr Zelensky a fait état de 135 drones d'attaque lancés dans la nuit, dont plus de 50 à réaction, et de six blessés. L'ANSA parle d'un chancelier arrivé « sous les bombes ».
Merz a ensuite lancé : « Monsieur Poutine, mettez fin à cette guerre insensée ! Nous sommes prêts aux pourparlers ». L'ANSA rapproche cet appel de celui de Reagan à Gorbatchev devant le mur de Berlin, puis juge que Moscou ne semble pas prêt à renoncer à sa ligne maximaliste : « on écrit paix, on lit capitulation ». Le ministère russe de la Défense a annoncé l'intensification de ses frappes sur les sites militaires et industriels, à Kiev comme ailleurs, après les propos de Zelensky sur les raffineries russes. Dmitri Peskov a ajouté que la Russie était prête à se battre « même pour 0,01 % du territoire du Donetsk ». Zelensky a répliqué : « Les Russes attaquent maintenant les ponts : pensent-ils vraiment que nous ne réagirons pas ? ». Selon l'ANSA, chacune des parties rejette sur l'autre la responsabilité d'un pas de plus vers le gouffre.
La Repubblica ajoute une lecture de politique intérieure allemande. Son envoyé écrit que Merz, dont la cote de popularité est au plus bas en Allemagne depuis des mois, a bravé l'avertissement de Moscou, qui avait invité les étrangers à quitter Kiev le samedi 3 octobre. Il est arrivé par train spécial, au moment où le ciel de la ville était de nouveau déchiré par le bruit des drones.
Le détail du paquet d'aide, plus de 1,3 milliard d'euros annoncé avec Zelensky, ressort du briefing du sujet plus que de ces deux sources. Elles se concentrent sur le geste politique, les mots échangés et la montée des menaces.
