ANGLE DOMINANT
Moscou décrypte la visite de Merz à Kiev comme un épisode de politique intérieure allemande : un chancelier à la cote historiquement basse, face à une opinion et à une opposition de moins en moins favorables à l'aide.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Merz a annoncé environ 1 milliard d'euros d'aide militaire et 350 millions d'euros pour l'énergie ukrainienne (TASS, Vedomosti).
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Selon le sondage ZDF cité par TASS, le soutien à un renforcement de l'aide est passé de 43 % en février à 32 % en juin.
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Selon Vedomosti citant Politico, Merz a proposé un statut de membre associé et Zelensky a exigé une adhésion pleine et égale.
ANALYSE
Moscou, 5 octobre 2026. La presse russe traite la visite de Friedrich Merz à Kiev, le dimanche 4 octobre, d'abord comme un épisode de politique intérieure allemande. Kommersant écrit que le chancelier « est parti d'un problème pour en retrouver un autre » : tandis que Kiev subit des frappes plus intenses et un déficit budgétaire, Berlin traverse une crise de confiance, et le voyage « ressemble à une tentative de tuer deux lièvres d'un coup », soutenir l'Ukraine et enrayer la chute d'une cote de popularité tombée à un plus bas historique. Le quotidien cite un sondage INSA du 1er octobre.
Le contenu de l'aide est rapporté de façon factuelle par TASS, Vedomosti et RIA : environ un milliard d'euros d'aide militaire, avec armes à longue portée, drones de frappe et équipements satellitaires, plus 350 millions d'euros pour l'énergie (générateurs, sous-stations, réparations). RIA, citant Reuters, évoque plus de 15 000 drones intercepteurs et des missiles de plus de 1 000 km de portée. Vedomosti, d'après Politico, souligne un désaccord sur l'adhésion : Merz a proposé un statut de « membre associé » et Volodymyr Zelensky a réclamé une adhésion « pleine et égale ». TASS rapporte de son côté que Merz veut « accélérer » le processus.
La couverture donne une large place aux voix critiques allemandes. TASS reprend le sondage ZDF : le soutien à un renforcement de l'aide européenne passe de 43 % en février à 32 % en juin, tandis que la part des partisans d'une réduction monte de 24 % à 31 %. Alice Weidel (AfD) dénonce un chancelier qui « distribue l'argent des contribuables allemands » ; Sevim Dagdelen (BSW) l'accuse d'être prêt à entraîner l'Allemagne dans une guerre avec la Russie pour redresser sa cote. L'émissaire présidentiel Kirill Dmitriev le qualifie de « fauteur de guerre » ; selon RIA, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, relie la visite à ses sondages en baisse.
Sur le plan militaire, RIA rappelle la position de Moscou : les livraisons d'armes entravent le règlement, et Sergueï Lavrov a averti que tout chargement d'armes serait une cible légitime. Le ministère russe avait mis en garde le 3 octobre les étrangers, diplomates compris, contre tout séjour en Ukraine. Meduza et The Moscow Times décrivent surtout l'arrivée au son des sirènes, la frappe sur le pont du Nord, sur le Dniepr, selon le maire Vitali Klitschko, et la phrase de Merz : « Si la Russie n'est pas arrêtée, sa machine de guerre se retournera tôt ou tard contre nous. »
SOURCES (5)
- VedomostiMOYEN
- RIA NovostiMOYEN
