ANGLE DOMINANT
Paris décrypte la mort de Lindsey Graham comme la disparition d'un pilier de l'aile faucon du Parti républicain, dont le soutien inconditionnel à l'Ukraine et à Israël pesait directement sur des dossiers suivis de près par la diplomatie française.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le bureau du sénateur a annoncé que Lindsey Graham est mort des suites d'une maladie brève et soudaine, samedi 11 juillet 2026, à 71 ans
- 02
NBC News, cité par RFI, indique que les secours ont répondu samedi soir à un appel signalant un arrêt cardiaque à son domicile du Capitole
- 03
Élu au Sénat en 2002, réélu en 2008, 2014 et 2020, Graham présidait récemment la commission du budget et revenait d'un déplacement à Kiev où il avait rencontré Volodymyr Zelensky
ANALYSE
Paris, 13 juillet 2026. La mort soudaine du sénateur républicain Lindsey Graham, samedi 11 juillet à l'âge de 71 ans, résonne à Paris moins comme un fait divers américain que comme la disparition d'un acteur direct des dossiers de politique étrangère suivis par la diplomatie française. Selon son bureau, l'élu de Caroline du Sud est "décédé des suites d'une maladie brève et soudaine" ; NBC News, cité par RFI, précise que les secours ont répondu samedi soir à un appel signalant un arrêt cardiaque à son domicile du Capitole.
Les médias français reconstituent une trajectoire jugée singulière : élu à la Chambre des représentants en 1994 puis au Sénat en 2002 - au fauteuil laissé vacant par la figure ségrégationniste Strom Thurmond, souligne Le Monde -, réélu en 2008, 2014 et 2020, Graham présidait récemment la commission du budget du Sénat. Sa carrière est aussi celle d'un revirement documenté par la presse : candidat malheureux à l'investiture républicaine en 2016, il avait averti que les républicains "seraient anéantis" en désignant Donald Trump, qu'il qualifiait alors de "xénophobe, sectaire sur le plan religieux". L'assaut du Capitole du 6 janvier 2021 avait de nouveau fragilisé leur relation - "Ne comptez pas sur moi, trop c'est trop", avait-il lancé à ses collègues - avant qu'il ne vote contre la destitution de Trump et ne devienne l'un de ses alliés les plus fidèles.
C'est cette dimension de "faucon" que retient particulièrement Le Monde : défenseur constant d'un interventionnisme militaire américain, soutien inconditionnel d'Israël et de l'Ukraine, Graham revenait, selon BFMTV, d'un déplacement à Kiev où il avait rencontré Volodymyr Zelensky au sujet de l'aide américaine - un déplacement suivi de près par les chancelleries européennes engagées sur le dossier ukrainien. Donald Trump lui a rendu hommage sur Truth Social, saluant "l'une des personnes et des sénateurs les plus grands" qu'il ait connus ; Benjamin Netanyahou a lui aussi salué, selon BFMTV, un "grand patriote". Sa disparition, à quelques mois des élections de mi-mandat de novembre auxquelles il était candidat, prive le Sénat d'une voix influente sur des dossiers de sécurité nationale que Paris suit avec attention, entre soutien à Kiev et alignement sur Israël.
SOURCES (5)
- 20 MinutesMOYEN
- L'ExpressMOYEN
- BFMTVMOYEN
