ANGLE DOMINANT
Singapour isole, dans la vague de frappes croisées, le seul épisode qu'elle documente en détail : la vidéo d'un drone russe pourchassant un vendeur de légumes à Kherson, relayée comme la preuve la plus nette d'un ciblage délibéré des civils.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La vidéo montre un drone FPV russe pourchassant un vendeur de légumes de 52 ans (Yuriy) à Kherson jusqu'à détoner près de lui ; Reuters a authentifié le lieu sans pouvoir confirmer la date exacte.
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Le ministre ukrainien Andrii Sybiha qualifie l'attaque de crime de guerre relevant d'une « stratégie russe délibérée et systémique », désignant l'opérateur du drone comme un « sadique ».
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La Mission de surveillance des droits humains de l'ONU en Ukraine recense 1 396 morts civils et 7 978 blessés sur les six premiers mois de 2026, en hausse de 37 % par rapport à 2025.
ANALYSE
Singapour, 6 août 2026. Sur la scène des frappes croisées entre Kyiv et la mer Noire, la presse singapourienne retient un épisode distinct entre tous : la vidéo, diffusée mardi, d'un drone russe pourchassant un vendeur de légumes dans les rues de Kherson jusqu'à faire détoner sa charge contre son étal. Les images montrent un drone télépiloté FPV (vue à la première personne) poursuivant l'homme, qui se met à couvert derrière un véhicule avant l'explosion. Channel News Asia précise que l'AFP n'a pas pu vérifier la vidéo dans l'immédiat ; le Straits Times indique de son côté que Reuters en a authentifié le lieu par recoupement des bâtiments, du tracé des rues et de la végétation avec des images d'archive et satellite, sans pouvoir confirmer la date exacte.
La victime, un homme d'une cinquantaine d'années identifié par les autorités locales comme Yuriy, 52 ans, a survécu avec des blessures par éclats et un choc. « Je venais juste d'installer les parasols et de sortir les cageots... Ma femme était là aussi. On a entendu un bourdonnement », raconte-t-il dans une vidéo diffusée par l'administration militaire de Kherson. Le gouverneur régional Oleksandr Prokudin précise que sa vie n'est pas en danger.
Kyiv qualifie l'attaque de crime de guerre. Le président Volodymyr Zelensky republie la séquence en exigeant que « le monde voie » ce qu'il décrit comme la preuve que des soldats russes « prennent plaisir à tuer et maltraiter des civils ». Le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha va plus loin, parlant d'une « stratégie russe délibérée et systémique » et qualifiant l'opérateur du drone de « sadique » qui savait viser un civil ; l'ombudsman ukrainien Dmytro Lubinets a lui aussi réagi publiquement.
La presse locale relaie le chiffrage onusien : la Mission de surveillance des droits humains en Ukraine a documenté 1 396 morts civils et 7 978 blessés sur les six premiers mois de 2026, une hausse de 37 % par rapport à 2025 et plus du double de 2024. Le même jour, deux enfants et une femme âgée ont péri sous des bombes guidées russes sur Soumy.
Le traitement singapourien ne mentionne ni les frappes massives sur Kyiv ni le drone ukrainien visant la plage de Gelendjik : c'est la seule vidéo du « safari » de Kherson qui sert de preuve à charge contre la conduite russe de la guerre.
