ANGLE DOMINANT
Pékin décrypte le rejet israélien comme une manœuvre électorale de Netanyahou davantage que comme une rupture de fond avec Washington.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
CGTN qualifie le refus de Netanyahou de « premier rejet officiel et explicite » du plan en 15 points, les troupes israéliennes ne se retirant pas tant que le Hamas n'a pas totalement désarmé
- 02
Le SCMP rapporte que les sondages jugent le plan impopulaire auprès de la base de droite de Netanyahou, dont des membres d'extrême droite du cabinet ont exhorté à l'enterrer
- 03
CGTN relève que, malgré le cessez-le-feu conclu l'an dernier, Israël a continué de mener des frappes militaires à Gaza depuis octobre dernier
ANALYSE
Pékin, 10 août 2026. La presse chinoise consacre l'annonce dominicale de Benyamin Netanyahou comme « le premier rejet officiel et explicite » du plan en 15 points de Donald Trump pour Gaza, selon la formule employée par CGTN. Le média d'État rappelle que le Premier ministre israélien a affirmé que les troupes ne se retireraient pas tant que le Hamas n'aura pas totalement désarmé, et qu'Israël « n'est pas d'accord avec le projet présenté par la partie américaine ». CGTN replace ce refus dans le prolongement de l'accord de cessez-le-feu conclu l'an dernier entre Israël et le Hamas, tout en notant que, malgré cet accord, Israël « a continué de mener des frappes militaires à Gaza depuis octobre dernier » — un rappel de l'écart entre la lettre du cessez-le-feu et la réalité du terrain.
Le South China Morning Post, édité à Hong Kong, propose une lecture plus politique de l'épisode. Le quotidien souligne que les sondages montrent le plan « impopulaire auprès de la base de droite de Netanyahou », et que des membres d'extrême droite de son cabinet l'ont pressé de l'enterrer. Le rejet marquerait ainsi une prise de distance calculée avec Trump, à l'approche d'élections serrées, plus qu'une rupture de fond entre les deux dirigeants. Le SCMP relève que Netanyahou continue de qualifier le président américain de « notre plus grand ami à la Maison-Blanche », tout en revendiquant le droit d'Israël de « tenir bon » sur les points de désaccord : « certaines de leurs idées nous conviennent, d'autres non ».
Les deux médias notent que ce refus intervient après plus d'une semaine de critiques croissantes de Netanyahou envers le texte, malgré des assurances américaines selon lesquelles Israël n'aurait pas eu à engager de retrait immédiat à Gaza. Aucun commentaire officiel chinois sur le fond du dossier n'apparaît dans ce corpus : la couverture reste descriptive, centrée sur les déclarations israéliennes et américaines.
