ANGLE DOMINANT
Londres documente le raidissement de Netanyahou face au plan Trump, coincé entre le calendrier électoral israélien et la pression de l'aile droite de sa coalition.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
« Israël rejette le document en 15 points », a déclaré Netanyahou dimanche en conseil des ministres.
- 02
Le Board of Peace de Trump avait annoncé fin juillet le « désarmement complet » du Hamas ; Netanyahou en fait un préalable non négociable à tout retrait israélien.
- 03
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a jugé le plan « inacceptable », signe des pressions de l'aile droite de la coalition à l'approche des élections.
ANALYSE
Londres, 10 août 2026. La presse britannique retient le rejet le plus net encore formulé par Benyamin Netanyahou face au plan de paix de Donald Trump pour Gaza. Réuni en conseil des ministres dimanche, le Premier ministre israélien tranche : « Israël rejette le document en 15 points. » L'armée, précise-t-il, « ne procédera à aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé et continuera de contrer les menaces contre nos forces et nos citoyens » — excluant tout « désarmement fictif ».
La BBC rappelle que ce texte en 15 points avait été présenté fin juillet par le « Board of Peace » de Trump comme actant le « désarmement complet » du Hamas et des autres groupes armés à Gaza, un mois à peine après le cessez-le-feu conclu en octobre dernier. Le Hamas, de son côté, avait conditionné la remise de ses armes lourdes à l'arrêt par Israël de « toutes les formes d'agression » et à un retrait de ses forces — un couplage retrait/désarmement que Netanyahou refuse désormais d'endosser.
The Independent détaille la médiation égyptienne : Le Caire, qui pilote les discussions entre Israël et le Hamas, a fait état d'un accord sur la feuille de route en 15 points et d'une réunion prévue au Caire « pour discuter des mécanismes de mise en œuvre ». Trump avait alors remercié l'Égypte, le Qatar et la Turquie, qualifiant l'accord d'« historique ». Un négociateur du Hamas avait toutefois posé ses propres conditions : le désarmement du mouvement resterait subordonné au respect par Israël de ses engagements, retrait inclus, ainsi qu'à la mise en place d'un comité national et à la reconstruction.
Netanyahou reconnaît des pourparlers en cours avec Washington : « Ils ont des idées ; certaines nous conviennent, d'autres non, et nous savons tenir bon. » La BBC relie ce raidissement au calendrier électoral israélien, à quelques mois d'un scrutin, et à la pression de l'aile droite de sa coalition : le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a jugé le projet « inacceptable », certains alliés réclamant un nouveau vote au cabinet pour enterrer le plan.
Les deux journaux relèvent enfin qu'Israël a poursuivi ses frappes sur Gaza malgré le cessez-le-feu conclu en octobre, et que la Maison-Blanche n'a pas réagi publiquement au rejet formulé par Netanyahou.
