ANGLE DOMINANT
Paris mesure ce double incident du 15 septembre comme la preuve d'une pression militaire croissante de Moscou sur le flanc oriental de l'Otan, entre le drone abattu au-dessus de la Lituanie et les fusées éclairantes tirées sur un hélicoptère danois.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Un drone venu de Biélorussie a été abattu après minuit par un chasseur italien de l'Otan près du village de Pratkūnai, à une centaine de kilomètres de Vilnius — une première dans l'espace aérien lituanien.
- 02
Une frégate russe a tiré lundi soir deux fusées éclairantes sur un hélicoptère danois Fennec au large de Gedser, sans avertissement ni contact radio préalable, selon l'armée danoise.
- 03
Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte a jugé lundi que les frappes russes proches du territoire de l'Alliance traduisaient la « désespérance » de Vladimir Poutine.
ANALYSE
Paris, 16 septembre 2026. La nuit du 14 au 15 septembre a produit, en quelques heures, deux incidents distincts que la presse française relie à la même pression exercée par Moscou sur le flanc oriental de l'Otan. Au-dessus de la Lituanie, un drone a violé l'espace aérien du pays balte après minuit et a été abattu près du village de Pratkūnai, non loin de Kaunas, par un avion de chasse italien engagé dans la mission de police du ciel de l'Alliance. Le président lituanien Gitanas Nausėda a salué sur X la réaction rapide des chasseurs de l'Otan, tandis que le ministre italien de la Défense Guido Crosetto affirmait que ses pilotes avaient « neutralisé une menace qui venait très probablement de Russie ». Le ministre lituanien de la Défense s'est toutefois montré prudent, jugeant que le drone ne transportait probablement pas d'explosifs et qu'il faudrait attendre l'examen des débris pour dire « s'il s'agit d'un drone russe, possiblement d'une provocation, ou s'il s'agit d'un drone d'un autre pays ». Selon la radio publique lituanienne LRT, l'appareil venait de Biélorussie.
Séparément, l'armée danoise a annoncé qu'une frégate russe avait tiré lundi soir deux fusées éclairantes en direction d'un hélicoptère Fennec qui la photographiait dans les eaux internationales au large de Gedser, sans avertissement ni contact radio préalable. La Première ministre Mette Frederiksen a dénoncé une « action irresponsable » ; le chef de la diplomatie danoise, Lars Løkke Rasmussen, a qualifié l'épisode d'« inacceptable », estimant qu'il aurait pu « mettre des vies humaines en danger ». Copenhague a convoqué l'ambassadeur russe. La cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé des « provocations » russes qu'elle a jugées irresponsables et dangereuses. Moscou dit enquêter et reproche à l'hélicoptère des manœuvres dangereuses.
Les médias français relient ces deux épisodes à l'avertissement lancé lundi par le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, pour qui les frappes russes à proximité du territoire de l'Alliance traduisent la « désespérance » de Vladimir Poutine et sa volonté de semer la peur et la terreur. Ils rappellent qu'un drone russe avait frappé, deux jours plus tôt, un train de voyageurs ukrainien sur une ligne utilisée quelques minutes auparavant par un convoi transportant Boris Johnson et Carl Bildt, et que la Pologne a lancé la même nuit des opérations aériennes préventives au-dessus de son territoire.
SOURCES (5)
- 20 MinutesMOYEN
- L'ExpressMOYEN
- BFMTV InternationalMOYEN
