ANGLE DOMINANT
Rome revendique le rôle de ses propres chasseurs dans l'interception du drone au-dessus de la Lituanie, présentée comme la preuve d'un engagement italien continu dans la police du ciel balte face à une menace jugée venue de Russie.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Des chasseurs italiens de l'Otan, décollés de la base de Šiauliai, ont abattu vers 00h20 un drone venu de Biélorussie ayant violé l'espace aérien lituanien, selon les Forces armées lituaniennes citées par Adnkronos
- 02
Le ministre de la Défense Guido Crosetto a déclaré depuis Šiauliai que « les pilotes italiens sont intervenus et ont abattu une menace qui provenait très probablement de Russie », évoquant une intervention similaire un mois plus tôt
- 03
Une frégate russe a tiré deux fusées éclairantes vers un hélicoptère militaire danois qui la photographiait dans les eaux internationales au large du Danemark, ce qui a conduit Copenhague à convoquer l'ambassadeur russe, selon ANSA
ANALYSE
Rome, 16 septembre 2026. La presse italienne retient d'abord un fait national : ce sont des chasseurs italiens de l'Otan, décollés de la base de Šiauliai, qui ont abattu dans la nuit de lundi à mardi un drone ayant violé l'espace aérien lituanien. Selon les Forces armées lituaniennes, citées par Adnkronos, l'appareil sans pilote, venu de Biélorussie, a été repéré vers minuit puis détruit vers 00h20 par les avions alliés partis d'Italie. Le président lituanien Gitanas Nausėda a remercié sur X « le personnel allié pour la réaction rapide », soulignant qu'« avec les alliés de l'Otan, la Lituanie défendra son espace aérien ».
Le ministre italien de la Défense Guido Crosetto, en conférence de presse à Šiauliai avec son homologue lituanien Robertas Kaunas, revendique directement le geste : « La nuit dernière, comme il y a déjà un mois, les pilotes italiens sont intervenus et ont abattu une menace qui provenait très probablement de Russie », a-t-il déclaré, selon Libero Quotidiano. La formule installe l'idée d'une répétition et d'un engagement italien continu dans la mission de police du ciel balte.
Séparément, ANSA rapporte qu'une frégate russe a tiré deux fusées éclairantes vers un hélicoptère militaire danois qui la photographiait dans les eaux internationales au large du Danemark, manquant de peu l'appareil. Le commandement de la défense danoise, cité par le Copenhagen Post, précise que l'hélicoptère effectuait une mission de routine ; Copenhague a annoncé la convocation de l'ambassadeur russe. La Repubblica relie les deux épisodes, évoquant une mer Baltique « au bord de l'incident » où la frontière entre incident isolé et escalade devient difficile à tracer.
ANSA ajoute un troisième fil, plus menaçant : le conseiller de Vladimir Poutine Nikolaï Patrouchev affirme que si la Pologne « faisait la guerre » à la Russie, Moscou emploierait « tout son arsenal » et que l'État polonais « cesserait d'exister en deux ou trois jours », en réponse à des propos du chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski jugés « amateurs ». La presse italienne juxtapose ainsi l'action de ses propres chasseurs, la provocation navale russe contre le Danemark et la rhétorique de Moscou envers Varsovie, sans toujours les distinguer clairement.
SOURCES (4)
- AdnkronosMOYEN
- Libero QuotidianoMOYEN
