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Le 18 juin 2026, le Parlement européen a adopté à une large majorité le « règlement retour ». Le texte autorise la création de « hubs de retour », des centres d'expulsion situés hors du territoire de l'Union, destinés aux migrants déboutés du droit d'asile. La réforme est justifiée par un constat partagé : seules 20 à 30 % des décisions d'expulsion prononcées dans l'UE aboutissent aujourd'hui à un retour effectif.
Le vote intervient dans un mouvement de durcissement migratoire engagé depuis plusieurs années à l'échelle du continent, porté par la montée de formations identitaires dans de nombreux États membres. La baisse des arrivées de demandeurs d'asile en 2025 a déplacé le débat de la gestion des flux vers l'efficacité des renvois. Le dispositif des hubs extracommunautaires rappelle des précédents juridiquement fragiles, comme le projet britannique vers le Rwanda, abandonné, et le modèle danois jamais pleinement appliqué.
La mesure divise les États membres. L'Allemagne et la Grèce, en première ligne face aux flux, se posent en moteurs du dispositif et participent déjà aux discussions de mise en œuvre. La France et l'Espagne le rejettent, leurs dirigeants le jugeant inefficace ou contraire aux principes qu'ils défendent. En Italie et en Suède, une ligne gouvernementale favorable au durcissement coexiste avec des voix institutionnelles ou partisanes qui en nuancent la portée.
Plusieurs points restent disputés ou incertains. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a déclaré « regretter profondément » la législation, rappelant le principe de non-refoulement et estimant que les États ne peuvent externaliser leurs obligations vers des pays tiers. Les conditions d'accueil dans les pays de destination et les mécanismes concrets de contrôle des hubs demeurent largement indéterminés.
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