Vladimir Poutine se rend à Pékin les 19 et 20 mai 2026, sur invitation formelle de Xi Jinping. Une déclaration commune et plusieurs accords gouvernementaux sont attendus à l'issue des entretiens. Cette visite survient moins de 72 heures après le départ de Donald Trump, dont le déplacement constituait la première venue d'un président américain en Chine depuis près d'une décennie. Le sommet Trump-Xi n'a débouché sur aucune percée formelle, ni sur le dossier ukrainien, ni sur la question iranienne.
En recevant successivement les dirigeants américain et russe en quelques jours, Pékin met en avant son rôle d'interlocuteur central des deux grandes puissances concurrentes. Le partenariat sino-russe, formalisé en février 2022, s'est structurellement renforcé depuis l'entrée de la Russie en Ukraine : depuis les sanctions occidentales, la Chine est devenue le principal partenaire économique de Moscou et absorbe la majeure partie de ses exportations d'hydrocarbures.
La relation sino-américaine connaît, elle, une phase de stabilisation relative après la crise tarifaire de 2025, sans résolution des différends de fond sur Taïwan, les technologies critiques ou les dossiers régionaux. Les négociations sur l'Ukraine sont au point mort, Moscou ayant exclu tout cessez-le-feu sans que Kiev accepte ses exigences concernant les territoires occupés.
La lecture de cette séquence reste disputée. Pékin et Moscou y voient une démonstration de l'autonomie stratégique chinoise et de la solidité de leur partenariat ; Kiev et Paris y lisent la consolidation d'un axe défavorable à un règlement équitable du conflit. Le degré de dépendance de la Russie envers la Chine, comme le rôle de cette dernière dans la guerre, font également l'objet d'appréciations opposées entre les acteurs.