La direction de Samsung Electronics et son principal syndicat ont conclu un accord salarial provisoire à la veille d'une grève programmée à partir du 21 mai 2026. Le mouvement, qui devait durer dix-huit jours et impliquer entre 48 000 et 50 500 travailleurs, a été suspendu à l'issue de négociations de dernière minute. L'accord a été obtenu après une médiation directe du ministre du Travail sud-coréen, Kim Young-hoon. Il reste toutefois conditionné à un vote de ratification des membres du syndicat, dont le résultat n'était pas connu au moment des publications.
Le conflit portait avant tout sur la structure des primes de performance liées aux bénéfices de la division semi-conducteurs, en forte croissance grâce à la demande de puces pour l'intelligence artificielle. Selon des estimations sectorielles, une grève prolongée aurait pu entraîner des pertes allant jusqu'à 100 000 milliards de wons, soit environ 66,98 milliards de dollars.
L'enjeu dépasse la seule entreprise. Le supercycle de la demande en semi-conducteurs concentre des profits historiques dans quelques groupes dominants, ce qui alimente des revendications salariales. Parallèlement, la concentration de la production de puces mémoire en Corée du Sud crée une vulnérabilité pour les chaînes industrielles mondiales, de l'Asie-Pacifique à l'Afrique subsaharienne. L'intervention gouvernementale au niveau ministériel illustre l'importance stratégique désormais accordée par les États à la stabilité de leurs champions technologiques.
Plusieurs points restent disputés ou incertains. Les termes chiffrés de l'accord ne sont pas confirmés de manière uniforme. Des acteurs mettent l'accent sur les revendications des travailleurs et le partage des profits, tandis que d'autres privilégient les risques pour l'approvisionnement mondial. Certains analystes relativisent l'impact d'une grève sur une production fortement automatisée, alors que d'autres jugent le risque de perturbation sérieux et immédiat.