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Le 11 mai 2026, la Chambre des représentants des Philippines a voté par 257 voix contre 25 la destitution de la vice-présidente Sara Duterte, fille de l'ancien président Rodrigo Duterte. Les charges retenues incluent un détournement de fonds confidentiels, un enrichissement illicite et une menace de mort proférée contre le président Marcos, son épouse et son cousin. C'est la deuxième mise en accusation de Sara Duterte : la première, en 2025, avait été annulée par la Cour suprême pour un vice de procédure. Elle devient ainsi la première responsable de l'histoire du pays à être deux fois mise en accusation.
L'affaire se joue désormais devant le Sénat, à qui revient de juger. Le contexte est marqué par une fracture au sommet de l'État. En 2022, Marcos et Sara Duterte, issus de deux familles ayant dominé la vie politique philippine, avaient formé un ticket victorieux. Leur alliance s'est rompue dès 2023, et la rivalité s'est muée en affrontement ouvert. Rodrigo Duterte, le père de Sara, a par ailleurs été transféré à La Haye pour répondre devant la justice internationale de faits liés à sa campagne antidrogue (2016-2022).
Plusieurs points restent disputés. Certains acteurs présentent la procédure comme un exercice de reddition de comptes constitutionnel, tandis que d'autres y voient une manœuvre destinée à écarter la principale rivale de Marcos en vue de la présidentielle de 2028, scrutin pour lequel Sara Duterte est donnée en tête des sondages. L'issue au Sénat est incertaine : le camp Duterte y dispose de plus de soutiens, et l'élection de Cayetano à la présidence du Sénat, quelques minutes avant le vote de la Chambre, est lue par ses détracteurs comme une tentative de bloquer ou retarder le procès. L'Église catholique, voix morale influente, a appelé publiquement le Sénat à conduire un procès rapide et équitable.
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