ANGLE DOMINANT
Berlin mesure l'implication directe du territoire allemand dans une affaire d'assassinat international, après la découverte d'un appartement loué par la suspecte à Francfort.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Anastasiia Berezovska, 39 ans, a été retrouvée morte par balle à la tête près de Kyiv, avec des douilles retrouvées près du corps (ZEIT Online).
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Elle disposait d'un appartement loué à Francfort, en Hesse, perquisitionné par la police allemande (Deutsche Welle).
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Un agent du renseignement militaire ukrainien (HUR) a été interpellé et a reconnu avoir tué la suspecte avec un complice, un ancien membre des forces de sécurité (FAZ).
ANALYSE
Berlin, 9 juillet 2026. La mort violente d'Anastasiia Berezovska, retrouvée abattue près de Kyiv dans la nuit de lundi à mardi, ravive en Allemagne l'attention portée à un dossier qui a effleuré son propre territoire. Selon la Deutsche Welle, cette Ukrainienne de 39 ans, principale suspecte de l'attentat au colis piégé perpétré le 29 juin à Monaco contre l'homme d'affaires Vadym Yermolaiev, disposait d'un appartement loué à Francfort, dans le Land de Hesse, que la police allemande a perquisitionné. D'après ZEIT Online, elle avait établi sa résidence en Hesse et figurait sur la liste rouge d'Interpol au moment de sa mort.
Les enquêteurs monégasques l'avaient d'abord confondue avec un homme, avant de l'identifier comme germanophone porteuse d'un tatouage distinctif, précise la Deutsche Welle. Elle aurait franchi la frontière française à pied puis rejoint l'Allemagne en voiture via l'Italie, selon la même source.
Le corps de Berezovska présentait des blessures par balle à la tête ; des douilles ont été retrouvées à proximité, rapporte ZEIT Online. La police ukrainienne a interpellé deux suspects : un ancien membre des forces de sécurité et un agent du renseignement militaire ukrainien, le HUR, qui a reconnu avoir participé à sa mort avec un complice, selon des informations d'Ukrainska Pravda relayées par la FAZ. Une perquisition chez l'ex-membre des forces de sécurité a révélé des locaux souterrains « ressemblant à une chambre de torture », précise le quotidien francfortois.
L'attentat visait Yermolaiev, citoyen chypriote d'origine ukrainienne sous sanctions de Kyiv depuis 2023 pour ses affaires en Crimée occupée, ainsi que sa compagne et son fils de 13 ans, blessés dans l'explosion qualifiée d'« acte odieux » par le prince Albert II.
Pour la presse allemande, cette issue soulève une question sensible : celle du rôle apparent de services ukrainiens dans l'élimination d'une suspecte recherchée par la justice monégasque, alors que Kyiv mène par ailleurs une campagne de drones sans précédent contre Moscou, à la veille du sommet de l'OTAN à Ankara.
