À l'issue du sommet sino-américain de Pékin (15-16 mai 2026), Donald Trump a publiquement mis en garde Taïwan contre toute déclaration formelle d'indépendance, affirmant ne pas vouloir « voyager 9 500 miles pour faire la guerre ». De son côté, Xi Jinping a averti que la question taïwanaise, si elle était mal gérée, pourrait conduire les deux puissances vers une confrontation directe.
Taipei a réagi en réaffirmant que Taïwan est « une nation souveraine et indépendante non subordonnée à la République populaire de Chine », en invoquant le Taiwan Relations Act de 1979, cadre juridique qui encadre les ventes d'armes américaines à l'île. Le secrétaire d'État Marco Rubio a pour sa part déclaré que la politique américaine envers Taïwan demeurait « inchangée ».
Un point reste en suspens : un paquet d'armement américain évalué entre 11 et 14 milliards de dollars, sur lequel Trump a indiqué n'avoir pris « aucun engagement dans un sens ou dans l'autre ». La portée de ces livraisons concentre une grande part de l'incertitude née du sommet.
Le dossier s'inscrit dans une posture américaine d'ambiguïté stratégique tenue depuis 1979 : ni reconnaissance formelle de la souveraineté taïwanaise, ni engagement militaire explicite, mais une fourniture continue de matériel défensif. Gouvernée démocratiquement et peuplée de 23 millions d'habitants jamais administrés par la République populaire, l'île demeure au cœur de la compétition entre Washington et Pékin.
Les interprétations divergent sur la signification des propos de Trump : certains acteurs y voient une rupture avec cette ambiguïté traditionnelle, d'autres une simple réaffirmation du statu quo. Le statut des ventes d'armes — levier de négociation transactionnel ou garantie ancrée dans la loi — et l'ampleur de l'activité navale chinoise autour de l'île après le sommet restent eux aussi disputés.