ANGLE DOMINANT
Bagdad pèse le prix du chaos régional pendant que Washington et Téhéran s'écharpent sur la réalité d'un accord
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Premier ministre Ali al-Zaidi a menacé de démissionner lors d'une réunion du Cadre de coordination divisé sur la réponse aux frappes saoudiennes, les factions armées ayant fixé un ultimatum au gouvernement jusqu'à vendredi
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La Jordanie a averti l'Irak qu'elle frapperait les milices pro-iraniennes, notamment Saraya Awliya al-Dam, si elles attaquaient son territoire depuis le sol irakien
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Un accord irako-turc d'un an signé samedi relance les exportations via l'oléoduc de Ceyhan à hauteur de 750 000 barils par jour, alors que le détroit d'Ormuz reste perturbé depuis février
ANALYSE
Bagdad, 3 août 2026. Pendant que Donald Trump annonce depuis Washington les contours d'un accord avec Téhéran — aussitôt qualifié de « pur mensonge » par l'Iran —, la capitale irakienne affronte des répercussions bien concrètes de la guerre régionale, indépendamment du sort réservé aux tractations américano-iraniennes. Selon le quotidien Al-Mada, cité par Iraqi News, le Premier ministre Ali al-Zaidi a menacé de démissionner lors d'une réunion tendue du Cadre de coordination, profondément divisé sur la réponse à donner aux frappes saoudiennes récentes. Les factions armées auraient donné jusqu'à vendredi au gouvernement pour agir, faute de quoi elles menacent de riposter seules — un scénario que la majorité des dirigeants chiites du Cadre rejette, à l'exception d'une figure proche de Saraya Awliya al-Dam.
Cette dernière organisation est justement au cœur d'un autre front de tension : la Jordanie a averti Bagdad qu'elle frapperait les milices pro-iraniennes sur le sol irakien si elles s'en prenaient à son territoire, après des interceptions de missiles et drones iraniens visant des installations américaines dans son espace aérien. Amman aurait transmis des renseignements précis sur des préparatifs d'attaque contre la base aérienne de Muwaffaq Salti.
Sur le terrain du désarmement promis par Zaidi pour le 30 septembre, l'échec d'un raid conjoint des forces irakiennes le 24 juillet contre un site d'Harakat al-Nujaba à Bagdad illustre les limites de l'entreprise : les combattants ont tenu en respect l'armée et les forces fédérales, qui ont fini par se retirer sans fouiller les lieux.
Face à cette instabilité, Bagdad cherche des parades économiques : un accord signé samedi avec la Turquie relance pour un an les exportations via l'oléoduc de Ceyhan, à hauteur de 750 000 barils par jour, alors que les perturbations du détroit d'Ormuz depuis février fragilisent les terminaux du Golfe. Pour l'Irak, l'annonce de Washington ne change rien à l'urgence : contenir les milices, éviter l'embrasement avec ses voisins, et sécuriser ses revenus pétroliers.
SOURCES (2)
- The Arab WeeklyMOYEN
