ANGLE DOMINANT
Paris perçoit dans la perspective d'un appel Trump-Lai une rupture potentielle avec quatre décennies de diplomatie américaine, plaçant Washington dans une posture de double jeu entre Pékin et Taipei qui fragilise l'ensemble de l'architecture sécuritaire indo-pacifique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un appel Trump-Lai serait le premier contact direct entre présidents américain et taïwanais depuis 1979, date du basculement diplomatique vers Pékin
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Xi Jinping a averti Trump lors de sa visite d'État que tout faux pas sur Taïwan pouvait conduire à un 'conflit'
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Le parlement taïwanais a approuvé 25 milliards de dollars de dépenses militaires pour des armements américains, dont 9 milliards couvrant une commande de 11,1 milliards annoncée en décembre
ANALYSE
Paris, 20 mai 2026. La perspective d'un entretien téléphonique entre Donald Trump et le président taïwanais Lai Ching-te concentre l'attention des chancelleries européennes. Un tel contact constituerait le premier échange direct entre un chef d'État américain et son homologue taïwanais depuis le basculement diplomatique de 1979, quand Washington avait retiré sa reconnaissance officielle à Taipei pour la transférer à Pékin.
La temporalité de l'annonce ne doit rien au hasard. Trump avait reçu Xi Jinping en visite d'État la semaine précédente. Le président chinois avait alors expressément mis en garde son homologue américain : tout faux pas sur la question taïwanaise risquait de déboucher sur un « conflit », selon France 24 et Le Monde. Ce signal de Pékin n'a pas dissuadé Trump d'évoquer publiquement la possibilité de cet appel avec Lai, sans en préciser les modalités ni le calendrier.
Dans ce contexte, les propos de Trump sur les ventes d'armes ont alimenté l'inquiétude à Taipei. Le président américain avait laissé entendre que ces livraisons pourraient servir de « levier de négociation » avec Pékin, une formulation qui a provoqué une réaction immédiate du gouvernement taïwanais. Lai Ching-te a répondu depuis Taipei, dans un discours marquant ses deux ans à la présidence, que « l'avenir de Taïwan ne peut être décidé par des forces étrangères, ni être pris en otage par la peur, la division ou des intérêts à court terme ».
Son gouvernement maintient une ligne ferme : la politique américaine à l'égard de Taïwan n'a pas changé et Trump n'a pris aucun engagement concret envers Pékin sur les ventes d'armes. Taipei qualifie la Chine de « cause profonde » de l'instabilité régionale et présente les livraisons militaires américaines comme un engagement légal en faveur de la démocratie taïwanaise. Le parlement taïwanais a d'ailleurs approuvé une enveloppe de 25 milliards de dollars destinée à des acquisitions d'armements américains, dont près de 9 milliards couvrant une commande de 11,1 milliards annoncée par Washington en décembre.
Lai a insisté sur le fait que les dépenses de défense de son gouvernement visaient à « éviter une guerre » et non à en provoquer une, ajoutant que « les menaces sont plus grandes que jamais ». Il a précisé que si l'occasion d'un entretien avec Trump se présentait, il s'emploierait à faire valoir que son gouvernement « maintient le statu quo » et que c'est la Chine qui « sape » la paix dans le détroit.
La mécanique diplomatique en jeu repose sur le Taiwan Relations Act de 1979, qui oblige Washington à fournir des armes défensives à Taipei tant que l'île ne proclame pas son indépendance.
