ANGLE DOMINANT
Singapour pèse chaque signal de la négociation USA-Iran avec une attention particulière portée sur le détroit d'Ormuz, artère vitale pour les flux commerciaux de l'Asie du Sud-Est.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le détroit d'Ormuz, qui transportait avant le conflit un cinquième du pétrole et du GNL mondial, reste bloqué selon Trump « jusqu'à un accord certifié et signé »
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Marco Rubio, depuis New Delhi le 24 mai, évoquait la possibilité que « le monde reçoive de bonnes nouvelles dans les prochaines heures », avant que Trump tempère ces espoirs
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Netanyahu a déclaré que Trump s'engageait à exiger le démantèlement des installations nucléaires iraniennes comme condition à tout accord final
ANALYSE
Singapour, 24 mai 2026. Les médias singapouriens décryptent avec soin les contradictions d'une journée diplomatique dense. Le matin, les signaux étaient encourageants : le secrétaire d'État Marco Rubio, en visite à New Delhi, déclarait aux journalistes qu'« il y avait peut-être la possibilité que dans les prochaines heures le monde reçoive de bonnes nouvelles ». Donald Trump avait posté sur Truth Social que l'accord avait été « largement négocié », sous réserve d'une finalisation entre les États-Unis, la République islamique d'Iran et « les divers autres pays » concernés.
Mais le ton a changé en cours de journée. Trump a fait volte-face dans un second message, précisant qu'il avait « informé ses représentants de ne pas se précipiter sur un accord » car « le temps est de notre côté ». Le blocus américain sur les navires iraniens dans le détroit d'Ormuz, insiste-t-il, « restera en vigueur dans toute sa force jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé ». Une formule que le Straits Times rapporte sans ambiguïté : « Les deux parties doivent prendre le temps de bien faire les choses ».
Pour Singapour, hub logistique et financier dont la prospérité repose sur la fluidité des routes maritimes, ces mots résonnent différemment qu'à Washington ou Téhéran. Avant le conflit, le détroit d'Ormuz assurait le transit d'un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Sa fermeture effective depuis le déclenchement des hostilités le 28 février 2026 a pesé lourd sur les chaînes d'approvisionnement régionales et sur les prix à la pompe dans l'ensemble de l'Asie du Sud-Est.
Les points de friction restent nombreux. L'agence Tasnim, proche des Gardiens de la Révolution iraniens, signale que Washington bloque toujours des pans entiers d'un accord potentiel, notamment la demande de Téhéran concernant la libération de fonds gelés. D'autres dossiers épineux — les ambitions nucléaires iraniennes, la guerre entre Israël et le Hezbollah au Liban, la levée des sanctions — restent ouverts. Channel News Asia relaie la position d'Israël : Benjamin Netanyahu a fait savoir que Trump et lui s'accordaient pour exiger le démantèlement des installations d'enrichissement nucléaire iranien et le retrait de tout l'uranium enrichi du territoire, condition sine qua non à un accord définitif.
La presse locale note que cette crise a débuté après les frappes américano-israéliennes du 28 février, auxquelles Téhéran avait répondu par des attaques de missiles et de drones dans toute la région. Le Hezbollah avait ensuite frappé Israël le 2 mars, après la mort du guide suprême iranien dans ces frappes.
