ANGLE DOMINANT
Londres décrypte la non-reconduction de l'USMCA comme une bascule vers l'imprévisibilité commerciale permanente : révisions annuelles et compte à rebours remplacent la certitude d'un accord intégré jusqu'en 2042.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'USMCA sous-tend environ 2 000 milliards de dollars (1 500 milliards de livres sterling) d'échanges annuels selon la BBC
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En l'absence de renouvellement unanime, une horloge de dix ans s'enclenche : le pacte pourrait expirer dès 2036, selon un haut responsable américain
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52 % des Canadiens se déclarent désormais « très fiers » de leur nationalité après les pressions tarifaires de Trump, selon un sondage Public First cité par The Independent
ANALYSE
Londres, 3 juillet 2026. Washington a refusé de renouveler l'USMCA dans ses termes actuels, l'accord que Donald Trump avait présenté comme sa grande réussite commerciale lors de son premier mandat. La décision, annoncée après des consultations virtuelles le 1er juillet — date limite fixée par le traité —, marque un tournant dans les relations commerciales nord-américaines et retient l'attention des milieux économiques britanniques.
Le bureau du représentant américain au commerce a confirmé le refus de reconduction en l'état, invoquant des déficits persistants avec les deux voisins. Jamieson Greer a précisé que les États-Unis allaient « continuer à travailler avec le Mexique et le Canada pour remédier aux lacunes de l'accord ». Un haut responsable a résumé la position : Trump « a choisi de ne pas entériner sans conditions » le renouvellement de l'USMCA.
L'accord reste formellement en vigueur pendant les négociations, mais le mécanisme change radicalement. Soumis désormais à une révision annuelle au lieu du cycle sexennal prévu, le pacte entre dans une logique de compte à rebours : sans unanimité des trois signataires, une horloge de dix ans s'enclenche, exposant l'accord à une expiration dès 2036. Une reconduction aurait garanti sa pérennité jusqu'en 2042.
L'enjeu est colossal : l'USMCA sous-tend environ 2 000 milliards de dollars (1 500 milliards de livres sterling) d'échanges annuels. Des secteurs clés — automobile, agriculture — dépendent de la certitude des règles transfrontalières, avait averti la Chambre de commerce américaine. Washington cible les règles d'origine automobiles, les quotas laitiers canadiens et la nécessité d'empêcher des pays tiers, la Chine en tête, d'exploiter le cadre régional.
Du côté mexicain, Marcelo Ebrard, ministre de l'Économie, a voulu rassurer : « Il n'y a pas de différend entre nos trois pays qui soit si important que nous ne puissions le résoudre. » Trump avait pourtant menacé d'abandonner l'USMCA le mois précédent, revenant sur ses propres éloges du texte lors de son premier mandat.
Pour Londres, la fragilisation de ce pilier commercial nord-américain illustre les risques des politiques commerciales imprévisibles. Le Royaume-Uni post-Brexit reste attentif à tout signal d'instabilité prolongée dans les grands blocs commerciaux. The Independent signale une conséquence inattendue : la pression américaine a déclenché un rebond patriotique canadien — 52 % des Canadiens se déclarant désormais « très fiers » de leur nationalité.
