ANGLE DOMINANT
Montevideo pèse les conséquences d'une pause consulaire qui vise directement ses ressortissants, cités nommément parmi les 75 pays frappés une semaine plus tôt par une mesure jugée illégale par la justice new-yorkaise.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La juge Jeannette Vargas (district de New York) a jugé « manifiestamente ilegal » et « contraria a la ley » la suspension des visas d'immigrant visant 75 pays, dont l'Uruguay, le Brésil et la Colombie.
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Le chancelier Mario Lubetkin a annoncé que le ministère des Relations extérieures analyse la nouvelle pause mondiale des rendez-vous consulaires, précisant qu'elle inquiète aussi la chancellerie argentine.
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Le Département d'État prévoit par ailleurs de révoquer jusqu'à 200 000 visas B1/B2 délivrés entre 2016 et 2026 à des personnes ayant ensuite demandé l'asile aux États-Unis.
ANALYSE
Montevideo, 27 août 2026. Le pays figure nommément parmi les 75 nations visées la semaine dernière par la décision d'une juge fédérale new-yorkaise qui a jugé « manifestement illégale » la suspension des visas d'immigrant pour leurs ressortissants — Uruguay, Brésil, Colombie, Cuba, Haïti et une soixantaine d'autres pays représentant près de 40 % de la population mondiale, aucun européen parmi eux. Cette victoire judiciaire a été de courte durée : le Département d'État a répliqué en suspendant, cette fois à l'échelle planétaire et pour tous les pays sans exception, les rendez-vous consulaires pour ce type de visa.
Le chancelier Mario Lubetkin a confirmé que le ministère des Relations extérieures « analyse la situation » créée par cette nouvelle pause, qu'il a qualifiée de motif de préoccupation partagé avec l'Argentine voisine, dont la chancellerie a réagi dans des termes similaires. Lubetkin s'exprimait en marge d'une audience protocolaire, rappelant que Washington devra clarifier ses intentions « sauf nouvelle réaction de la part des autorités nord-américaines ».
Officiellement, le Département d'État justifie la pause par une « formation approfondie » des agents consulaires, destinée selon un porte-parole cité par le Financial Times à garantir qu'aucun postulant ne devienne « une charge publique » pour le contribuable américain. Les personnes ayant déjà un rendez-vous fixé recevront un nouveau créneau par courriel, précise le gouvernement.
La presse locale relie cette pause à un contexte plus large : le projet, révélé cette même semaine, de révoquer jusqu'à 200 000 visas B1/B2 délivrés entre 2016 et 2026 à des personnes ayant ensuite demandé l'asile, présenté par le sous-secrétaire d'État Christopher Landau comme la fermeture d'une faille migratoire. Pour Montevideo, l'enjeu dépasse la seule bureaucratie consulaire : des ressortissants ayant des démarches de résidence permanente en cours se retrouvent sans date ni garantie, alors qu'un tribunal américain venait tout juste de leur reconnaître le droit à un examen individualisé, conforme à une loi de 1965 qui interdit la discrimination par nationalité dans l'octroi des visas.
